Une chercheuse de Johns Hopkins libérée après sa détention par l’ICE dans un aéroport américain…

Fatima Ameaka, chercheuse d’origine camerounaise…

WASHINGTON, samedi 1er août 2026 (RHINEWS)- Une chercheuse en santé publique de l’Université Johns Hopkins, arrêtée cette semaine par les services américains de l’immigration (ICE) alors qu’elle s’apprêtait à embarquer sur un vol intérieur, a été remise en liberté vendredi soir, tandis que son dossier d’immigration demeure en cours d’examen, selon son avocat et des responsables universitaires.

La chercheuse, Fatima Ameaka, ressortissante camerounaise âgée de 31 ans, a été interpellée à l’aéroport international Baltimore-Washington (BWI) avant d’être transférée dans plusieurs centres de rétention en Virginie, en Louisiane puis au Texas. Sa détention est intervenue dans un contexte de renforcement des contrôles migratoires dans les aéroports américains, où les arrestations menées par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) ont augmenté ces dernières semaines.

Le Département de la sécurité intérieure (DHS) a affirmé que Mme Ameaka avait dépassé la durée de validité de son visa et se trouvait en situation irrégulière. Son avocat, Benjamin Osorio, conteste cette version, soutenant que les documents officiels de sa cliente démontrent qu’elle bénéficiait d’une autorisation de travail valide et que son dossier d’asile est toujours pendant devant les autorités compétentes.

Selon son avocat, la chercheuse est entrée légalement aux États-Unis en 2023 grâce à une bourse Fulbright pour poursuivre des études de maîtrise en santé publique. Après l’obtention de son diplôme, elle a été recrutée comme chercheuse associée au sein du Johns Hopkins Center for Health Security. Il affirme également qu’elle avait bénéficié d’un statut de protection temporaire (TPS) avant que ce programme ne soit supprimé pour les ressortissants camerounais, puis qu’elle a déposé une demande d’asile.

Le directeur du Johns Hopkins Center for Health Security, Tom Inglesby, a salué le travail de la chercheuse, la qualifiant de « collègue exceptionnelle » et de « personne chaleureuse, généreuse et appréciée de tous ». « Nous étions tous extrêmement inquiets pour elle », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, l’Université Johns Hopkins a indiqué qu’elle ne pouvait pas commenter les détails du dossier, tout en précisant qu’elle continuait à fournir un soutien à Mme Ameaka et à son équipe juridique. L’établissement a également reconnu que cette affaire suscitait de « l’inquiétude et de la peur » au sein de sa communauté universitaire.

L’affaire a également provoqué des réactions politiques. Le sénateur démocrate du Maryland, Chris Van Hollen, a estimé que la chercheuse « n’est pas parmi les pires criminels » et que son expulsion « ne rend pas le pays plus sûr », appelant les autorités à reconsidérer leur approche.

Bien que remise en liberté, Fatima Ameaka reste confrontée à une procédure d’immigration dont l’issue n’est pas encore connue. Son cas intervient alors que l’administration américaine intensifie les contrôles visant les ressortissants étrangers en situation migratoire contestée, y compris lors de déplacements sur des vols intérieurs.