Haïti : le parti EDE exclut toute participation à une coalition politique pour les élections de décembre…

Dr. Claude Joseph, Ex-premier ministre interimaire de facto et ministre des affaires etrangeres, dirigeant du parti EDE...

PORT-AU-PRINCE, samedi 1er août 2026 (RHINEWS)– Le parti EDE a annoncé, vendredi, qu’il ne participera à aucun groupement ou regroupement politique en vue des élections prévues le 13 décembre prochain en Haïti. Dans un communiqué, la formation explique que cette décision repose sur des considérations de principe et ne constitue ni un refus de collaborer avec d’autres forces politiques ni une volonté de s’isoler.

« Cette décision ne doit pas être interprétée comme une déclaration d’autosuffisance politique ni comme un refus de travailler avec les autres forces politiques. Elle reflète plutôt un choix fondé sur des principes », affirme EDE, qui dit demeurer attaché au dialogue, à la concertation et à la recherche de consensus sur les grandes questions nationales.

Le parti soutient que la politique ne doit pas être réduite à la conquête du pouvoir, mais qu’elle doit également servir à former les citoyens, promouvoir des idées et transformer la société. Selon lui, toute alliance politique devrait reposer sur une vision commune, des valeurs partagées et un projet de société clairement défini plutôt que sur de simples objectifs électoraux.

Dans son communiqué, EDE revient sur plusieurs expériences politiques depuis 1986, estimant que de nombreuses coalitions ont été constituées principalement pour remporter des élections ou accéder au pouvoir avant de se désagréger sous l’effet de divergences internes et d’intérêts particuliers. Le parti cite notamment la coalition FNCD, qui avait soutenu Jean-Bertrand Aristide, ainsi que la plateforme Lespwa, portée par René Garcia Préval, comme exemples d’alliances qui n’ont pas perduré. Il attribue ces échecs à l’absence d’un socle politique et idéologique suffisamment solide pour assurer leur pérennité.

EDE indique poursuivre sa préparation en vue de participer à des élections qu’il souhaite « libres, honnêtes, inclusives et crédibles », tout en mettant l’accent sur la formation citoyenne, le renforcement de la culture démocratique et la modernisation de la vie politique. Le parti estime que les formations politiques devraient fonctionner en permanence comme des institutions de formation, de réflexion et d’élaboration de politiques publiques, plutôt que comme de simples structures électorales.

Le communiqué précise également que le parti n’entend intégrer aucune alliance dépourvue d’une base philosophique, doctrinale et programmatique clairement définie. EDE affirme également qu’il ne souhaite pas servir de simple véhicule électoral à des candidats qui ne sont pas issus de ses rangs, estimant qu’une telle démarche irait à l’encontre du travail d’organisation et de structuration qu’il mène depuis plusieurs années à travers le pays.

Tout en réaffirmant son ouverture aux discussions entre acteurs politiques et sociaux afin de favoriser un large consensus national, EDE dit ne pas adhérer aux stratégies électorales visant uniquement la conquête du pouvoir sans vision claire de la gouvernance.

« L’objectif n’est pas seulement de gagner les prochaines élections; l’objectif est de préparer les prochaines générations », souligne le parti.

Le communiqué se conclut en affirmant que « le pouvoir sans principes est une menace pour la démocratie; les principes sans pouvoir sont un engagement à poursuivre le combat », ajoutant qu’EDE a choisi de « construire le pouvoir sur les principes ».