Publication du décret électoral ouvrant la voie à des élections générales en 2026 en Haïti…

Symbole du CEP...

PORT-AU-PRINCE, mercredi 3 décembre 2025 (RHINEWS)Le Conseil présidentiel de transition (CPT) d’Haïti a adopté et fait publier le décret électoral qui doit encadrer la tenue d’élections générales en 2026, première consultation de cette ampleur dans le pays depuis près d’une décennie. Ce texte ouvre la voie à la publication officielle du calendrier électoral, une étape longtemps attendue alors que le pays n’a plus de président depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021.

Selon le Conseil, la décision prise lundi soir constitue un jalon important dans la transition. Le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, a qualifié cette mesure de « décision majeure » pour le pays, déclarant sur X qu’il s’agit d’« offrir au peuple haïtien la possibilité de choisir librement et en toute responsabilité ceux qui les dirigeront ». Il a ajouté que, tout en demeurant « pleinement engagé à rétablir la sécurité », le Conseil entend « remettre Haïti sur la voie de la légitimité démocratique et de la stabilité ».

Cette adoption ne fait toutefois pas l’unanimité au sein même du Conseil, plusieurs voix contestant tant la procédure que le contexte politique. Trois des sept conseillers-présidents habilités à voter — dont Fritz Alphonse Jean, récemment sanctionné par Washington — étaient absents et n’ont donc pas signé le document, une absence largement relevée dans la presse haïtienne. Certains observateurs soulignent que cette non-adhésion de plusieurs membres pourrait fragiliser la portée politique du décret.

Frinel Joseph, membre du CPT ayant appuyé la décision, a toutefois affirmé que le décret représente « un tournant décisif » en dotant le pays d’un « cadre juridique et politique indispensable à la tenue d’élections ».

Des critiques persistent, notamment autour des pressions extérieures présumées. Des acteurs politiques estiment que les restrictions de visa imposées à certaines personnalités haïtiennes, dont celles visant Fritz Alphonse Jean, pourraient être utilisées « comme un levier pour influencer la politique nationale », une perception déjà exprimée publiquement ces dernières semaines.

Selon les premières indications communiquées par les autorités électorales, le premier tour du scrutin général serait prévu pour le 30 août 2026, suivi d’un second tour le 6 décembre 2026, avec une entrée en fonction des élus le 20 janvier 2027. La publication du décret dans le journal officiel met désormais en marche le processus administratif permettant de confirmer ces dates.

Dans une réaction officielle, l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince a salué une « étape importante vers le rétablissement de la sécurité, de la stabilité politique et du droit, longtemps retardé, du peuple haïtien de choisir ses dirigeants ». Elle a appelé « toutes les parties prenantes à travailler de manière constructive à la tenue des élections » et s’est dite disposée à poursuivre la coordination avec les partenaires internationaux pour soutenir la transition.

Malgré « l’avancée institutionnelle » que représente la publication du décret, les divergences internes au CPT, l’absence de signatures de plusieurs conseillers-présidents et les tensions politiques persistantes continuent d’alimenter le débat sur la crédibilité, la préparation et l’acceptabilité des élections annoncées pour 2026.