PORT-AU-PRINCE, jeudi 22 janvier 2926 (RHINEWS)- Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, a vivement critiqué la décision du Conseil présidentiel de transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, estimant que cette initiative intervient dans un contexte institutionnel particulièrement fragile et à un moment jugé inapproprié.
Selon Pierre Espérance, il n’est « ni normal ni responsable » qu’une instance de transition, arrivée à moins de deux semaines de la fin de son mandat, prenne une décision d’une telle portée politique. « À quinze jours de l’échéance de son mandat, le CPT n’a pas à affaiblir le Premier ministre ni à engager le pays dans une nouvelle crise politique », a-t-il déclaré.
Le responsable du RNDDH a averti que cette révocation pourrait accentuer l’instabilité dans un pays déjà confronté à une grave crise sécuritaire. « Cette décision risque de provoquer une situation d’instabilité majeure et de compromettre les efforts actuellement déployés par les forces de l’ordre pour rétablir un minimum de sécurité », a-t-il souligné.
Pierre Espérance a notamment rappelé que la police mène depuis plusieurs semaines des opérations contre les gangs armés, en particulier dans la région métropolitaine, et que tout bouleversement politique pourrait fragiliser ces actions. « Les forces de sécurité ont besoin de stabilité politique pour agir efficacement. Les conflits institutionnels ne font que renforcer les groupes armés », a-t-il estimé.
Le directeur exécutif du RNDDH a enfin appelé les acteurs de la transition à faire preuve de retenue et de responsabilité. « À ce stade du processus, les autorités devraient se concentrer sur la stabilité, la sécurité et la continuité de l’État, plutôt que sur des décisions susceptibles d’aggraver la crise », a-t-il conclu.

