ONU : Onze pays occidentaux, dont la France, reconnaissent officiellement l’État de Palestine…

Emmanuel Macron, President de France...

NEW YORK, lundi 22 septembre 2025 (RHINEWS) – La 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies a été marquée lundi par une décision diplomatique majeure : la reconnaissance officielle de l’État de Palestine par plusieurs pays occidentaux, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada. Cette vague de soutiens porte désormais à 158 le nombre d’États membres ou observateurs reconnaissant la Palestine, contre 147 auparavant.

Le président français Emmanuel Macron a annoncé la décision de Paris dès l’ouverture du sommet organisé conjointement par la France et l’Arabie saoudite. « Oui, le temps est venu d’arrêter la guerre à Gaza, les massacres, la mort. L’urgence nous le commande. Le temps est venu de rendre justice au peuple palestinien et ainsi de reconnaître un État de Palestine », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Dans la foulée, la Belgique, Andorre, Malte, le Luxembourg, Monaco et Saint-Marin ont rejoint le mouvement, emboîtant le pas au Royaume-Uni, au Canada, au Portugal et à l’Australie qui s’étaient prononcés la veille. Annalena Baerbock, présidente de l’Assemblée générale, a exhorté les États membres à « transformer cette reconnaissance politique en un chemin crédible vers la coexistence » et à « donner un sens concret à la solution à deux États ».

Empêché de voyager à New York faute de visa américain, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est intervenu par visioconférence. Il a condamné « les crimes commis par le Hamas lors de l’attaque du 7 octobre 2023 » tout en dénonçant « le terrorisme de la colonisation et de l’annexion », appelant à la concrétisation d’un État indépendant. « Votre avenir et le nôtre sont liés. Pour le bien de nos générations futures, faisons cesser les torrents de sang et de douleur », a-t-il plaidé.

Les États-Unis et Israël ont boycotté la conférence, comme ils l’avaient déjà fait en juillet lors du sommet ayant conduit à l’adoption de la « Déclaration de New York », qui appelait à une mise en œuvre effective de la solution à deux États et au désarmement du Hamas au profit de l’Autorité palestinienne.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Prince Faisal bin Farhan, coprésident du sommet, a résumé l’esprit des discussions : « Nous sommes réunis ici parce que le statu quo est devenu insoutenable. Nous devons construire une paix juste et durable, garantie par la communauté internationale ».

La reconnaissance palestinienne intervient dans un contexte dramatique sur le terrain. Plus de 64.000 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis l’offensive israélienne déclenchée le 7 octobre 2023, selon les chiffres cités aux Nations unies. L’ONU a déclaré un état de famine dans le nord de l’enclave le 22 août, alors qu’une nouvelle offensive terrestre se poursuit depuis la mi-septembre. En Cisjordanie, la colonisation israélienne continue d’avancer, menaçant la viabilité d’un futur État palestinien.

Depuis 2012, la Palestine dispose du statut d’« État non membre observateur » à l’ONU, ce qui lui permet de participer à de nombreux travaux de l’Assemblée générale, sans droit de vote. Désormais, quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – la France, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie – reconnaissent son existence. Les États-Unis demeurent la seule grande puissance nucléaire au Conseil à s’y opposer.

La reconnaissance par une série de pays influents change la donne diplomatique et place la question palestinienne au cœur de l’agenda international. Sur les bancs de l’ONU, l’idée d’un État palestinien s’affirme désormais comme une réalité politique difficile à ignorer.