SANTO DOMINGO, lundi 22 septembre 2025 (RHINEWS) – Les autorités dominicaines ont annoncé dimanche la saisie de 377 paquets de cocaïne récupérés sur une vedette rapide détruite récemment par la marine américaine au sud de l’île d’Isla Beata, dans le cadre d’une opération conjointe inédite contre le narcotrafic dans la Caraïbe.
Selon la Direction nationale de contrôle des drogues (DNCD), l’embarcation transportait environ 1.000 kilos de cocaïne, soit plus de 2.200 livres, avant d’être visée par une frappe aérienne de l’armée américaine. « Il s’agit de la première opération de ce type menée conjointement par les États-Unis et la République dominicaine dans la région », a indiqué l’agence antidrogue dans un communiqué, précisant que la vedette tentait d’accoster en territoire dominicain afin d’utiliser le pays comme « pont » pour acheminer la drogue vers les États-Unis.
Un porte-parole de l’ambassade américaine à Saint-Domingue a confirmé que l’attaque correspond à celle annoncée vendredi par le président Donald Trump, qui avait révélé la mort de trois « narcoterroristes » sans préciser l’emplacement. Les autorités ont diffusé une vidéo montrant les agents en train de décharger et inspecter les paquets de cocaïne, dont certains portaient l’inscription « MEN ».
Cette frappe s’inscrit dans le cadre du déploiement militaire ordonné en août par Washington, avec l’envoi de huit navires de guerre et d’un sous-marin dans la Caraïbe méridionale pour lutter contre le narcotrafic. La Maison-Blanche affirme que la flottille a déjà détruit au moins trois embarcations, causant la mort de plus d’une douzaine de personnes.
Mais ces opérations controversées suscitent de vives critiques. Des organisations de défense des droits humains dénoncent des « exécutions extrajudiciaires », tandis que deux sénateurs démocrates ont présenté vendredi une résolution au Congrès pour bloquer toute frappe future. Le gouvernement américain accuse Caracas d’être au cœur du trafic, affirmant que deux des bateaux détruits provenaient du Venezuela, dont le président Nicolás Maduro est décrit comme un « narcotrafiquant » par les responsables de la Maison-Blanche.
M. Maduro rejette ces accusations, dénonçant une « menace criminelle et sanglante » et qualifiant la présence navale américaine d’« attaque contre son pays ». Plus tôt ce mois-ci, des avions de chasse vénézuéliens ont frôlé un bâtiment de guerre américain, dans ce que le Pentagone a décrit comme un dangereux « jeu de provocation ».

