Les courtiers du désastre : Hugues Célestin dénonce la soumission des élites et l’effondrement de l’État haïtien…

Hugues Celestin, Sociologue et ancien depute de Quartier-Morin...

QUARTIER-MORIN, mardi 23 septembre 2025 (RHINEWS) – Dans une tribune au vitriol, l’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, a livré un constat accablant sur l’état du pays, dénonçant ce qu’il appelle « les courtiers du désastre ». Selon lui, Haïti vit sous le joug d’une « multinationale du crime » où les gangs, les élites corrompues et leurs parrains étrangers se partagent le territoire, plongeant la population dans une misère orchestrée.

« Depuis plus de deux ans, les routes principales d’Haïti ont été privatisées de fait, transformées en zones franches criminelles, concédées aux gangs-milices », accuse l’ex-parlementaire. Il décrit un pays où circuler sur les grands axes est devenu « un pari avec la mort, une roulette macabre » et où les barrages des gangs fonctionnent comme « des institutions parallèles » imposant des rançons sous peine d’être dépouillé ou assassiné.

Pointant directement du doigt les autorités de transition, Hugues Célestin qualifie le Conseil présidentiel de transition (CPT) dirigé par Laurent Saint-Cyr de « bande patentée de truands impunis » et le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé de « marionnette complaisante ». Leur silence face aux massacres, dont celui de plus de cinquante civils exécutés les 11 et 12 septembre à Laboderie par les tueurs de la coalition criminelle Viv Ansanm, illustre selon lui « le naufrage érigé en monument national ».

L’ancien député dénonce également l’« exclusion organisée » à travers la compagnie Sunrise Airways, présentée comme la seule alternative de transport sécuritaire. « Marcher sur la route est un luxe mortel, mais voler dans le ciel est un privilège bien protégé », ironise-t-il, rappelant que des vols intérieurs de quelques centaines de kilomètres coûtent plus cher qu’un billet pour Miami.

Dans son analyse, Hugues Célestin compare la docilité des dirigeants haïtiens à la fermeté affichée par le Premier ministre bahaméen Philip “Brave” Davis, qui a refusé de transformer son pays en salle d’attente pour les demandes de visas américains. « Voilà un pays sans Vertières, sans Dessalines, sans mémoire héroïque, et pourtant les responsables savent lever la tête », insiste-t-il, accusant les élites haïtiennes de trahir l’héritage national.

« Depuis 1825, quand Charles X a braqué Haïti, en passant par 1915, 1994 et 2023, ces élites n’ont cessé de s’agenouiller devant l’étranger », poursuit-il, qualifiant cette attitude d’« auto-colonisation plus pernicieuse que toutes les occupations militaires ». Il estime que leurs obsessions se réduisent à « des enfants expatriés, des postes administratifs et le prestige des cocktails mondains ».

Mais au-delà du constat, l’ex-parlementaire appelle à un sursaut historique : « Ceux qui prétendent nous sauver sont les premiers artisans de notre naufrage. L’unité populaire n’est pas un mythe poussiéreux ; elle est une énergie qui dort dans les entrailles de la nation », écrit-il, en référence aux grandes étapes de la résistance haïtienne, de Bois Caïman à Vertières.

Pour Hugues Célestin, l’heure est venue de « reprendre la voie du large », en s’appuyant sur une nouvelle force sociale enracinée dans le peuple et déterminée à refuser toute forme de soumission. « Seul un ralliement national indomptable peut briser le cercle du désastre et offrir à Haïti la possibilité de se dresser enfin, souveraine et invincible. »

 

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