OEA – “Trente-deux pays appellent à une action coordonnée de l’ONU pour appuyer la feuille de route hémisphérique en faveur d’Haïti”…

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WASHINGTON, 9 septembre 2025 (RHINEWS) – Trente-deux États membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont publié mardi une déclaration conjointe appelant à une action urgente et coordonnée des Nations Unies pour soutenir la mise en œuvre de la feuille de route en faveur d’Haïti. Le texte, adopté à Washington, réaffirme la solidarité hémisphérique avec le peuple haïtien, tout en insistant sur le respect de la souveraineté nationale et la nécessité d’un appui international cohérent et décisif.

« Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple haïtien, notre respect pour la souveraineté d’Haïti et notre engagement à soutenir ce pays en ce moment critique », souligne la déclaration, qui rappelle la résolution AG/RES. 3039 adoptée lors de la 55e Assemblée générale de l’OEA, exigeant « la mise en œuvre urgente de solutions concrètes pour résoudre la grave crise institutionnelle et sécuritaire en Haïti » .

Le texte indique qu’une version actualisée de la feuille de route, intitulée « Vers une feuille de route dirigée par les Haïtiens pour la stabilité et la paix, avec un appui régional et international », a été présentée le 20 août dernier par le secrétaire général de l’OEA. Élaboré avec les autorités haïtiennes, les Nations Unies et des partenaires interaméricains, ce document place la sécurité comme condition préalable à toute réponse humanitaire et au rétablissement de la gouvernance démocratique par des élections libres et équitables. Il propose également des mécanismes pratiques de coordination, de transparence et de mobilisation de ressources, afin d’éviter les duplications et d’assurer une réponse cohérente de la communauté internationale .

Les pays signataires reconnaissent « le rôle central des Nations Unies dans la promotion et le maintien de la paix et de la sécurité internationales » et considèrent que la violence perpétrée par des gangs et groupes criminels organisés « menace les vies et les moyens de subsistance ainsi que la paix et la sécurité régionales ». Ils soutiennent ainsi la création d’un Bureau de soutien des Nations Unies pour Haïti (UNSOH) et la transition de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) vers « une nouvelle force axée sur l’instauration d’un environnement sûr et stable, permettant aux autorités haïtiennes de rétablir et de maintenir l’État de droit, notamment par le démantèlement des gangs » .

La déclaration rend hommage au Kenya pour son rôle de chef de file de la MSS, ainsi qu’aux Bahamas, au Belize, au Salvador, au Guatemala et à la Jamaïque pour leur contribution en personnel. Mais elle avertit que « la paix exige plus que des opérations sécuritaires », en appelant à s’attaquer aux causes profondes de la crise : faiblesse des institutions démocratiques, corruption, pauvreté, profondes inégalités sociales, accès limité à l’éducation et aux services publics .

« Nous soulignons le rôle important de l’OEA dans le renforcement des capacités institutionnelles et opérationnelles par une approche civile, humanitaire et axée sur les droits de l’Homme », indiquent les signataires, insistant sur le respect du leadership haïtien, de l’institutionnalité démocratique nationale et des normes juridiques internationales. Une attention particulière doit être portée « à la lutte contre la violence sexuelle et à la protection des femmes, des enfants et des membres d’autres groupes vulnérables » .

Les États membres déclarent leur disponibilité à travailler en partenariat avec l’ONU et Haïti « pour faire progresser la feuille de route de l’OEA et soutenir le peuple haïtien ». Ils encouragent en ce sens les contributions volontaires au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies ainsi qu’un appui complémentaire via l’OEA afin de renforcer les efforts en matière de sécurité et de stabilité .

La déclaration réaffirme que « la voie à suivre pour Haïti doit demeurer dirigée par les Haïtiens, avec la pleine appropriation de ses institutions et de sa société civile ». Elle insiste sur le fait que l’assistance humanitaire, le développement socio-économique à long terme, la protection des groupes vulnérables et le respect des droits humains et du droit international « doivent rester au cœur de l’effort collectif ». L’OEA, la CARICOM et l’ONU sont appelées à agir en pleine coordination afin de garantir « cohérence, légitimité et efficacité » .

Enfin, le texte conclut par un appel pressant : « Aujourd’hui, nous lançons un message hémisphérique uni : Haïti ne peut attendre. Le moment d’une action décisive et coordonnée est venu » .

Les pays signataires de cette déclaration sont : Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la Dominique, l’Équateur, El Salvador, les États-Unis, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, la République dominicaine, Saint-Christophe-et-Niévès, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, le Suriname, Trinité-et-Tobago et l’Uruguay .