PORT-AU-PRINCE, mercredi 10 septembre 2025 (RHINEWS) – Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (PFSDH/FUSION) a lancé un nouvel avertissement à l’approche de la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), fixée au 7 février 2026. « Le compte à rebours a commencé », écrit le Directoire dans un communiqué, rappelant que selon les articles 12.1 et 13 de l’Accord du 3 avril 2024, « le mandat du CPT prend fin le 7 février 2026. Il ne peut bénéficier de la prolongation de son mandat ».
Le parti insiste sur le fait que tous les membres du CPT ont prêté serment d’observer fidèlement l’Accord et qu’« sauf à se parjurer, on voit difficilement comment le CPT et le gouvernement peuvent prétendre à une prolongation ». La Fusion souligne que les priorités fixées au départ – rétablissement de la sécurité, réformes constitutionnelles et institutionnelles, et organisation d’élections crédibles – n’ont pas été respectées.
Selon le communiqué, si des élus devaient entrer en fonction début 2026, « le premier tour des élections devrait avoir lieu dans le courant du mois de novembre 2025 soit dans huit (8) semaines ». Or, le climat sécuritaire ne permet ni la tenue d’un référendum constitutionnel, ni celle d’élections générales. « Tous les observateurs sérieux et avisés affirment sans crainte de se tromper qu’il n’y aura pas de référendum et il n’y aura pas non plus de bonnes élections dans les prochaines semaines », tranche le document, accusant ceux qui affirment le contraire de « prendre les enfants du Bon Dieu pour des idiots ».
Le PFSDH note que la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MSS) arrive à la fin de son mandat le 2 octobre sans avoir mobilisé les 2 500 agents prévus. Même si le projet de résolution au Conseil de sécurité transformant la MSS en Force de Suppression des Gangs (FSG) de 5 500 hommes est adopté, « il faudra plusieurs mois pour que [ces derniers] soient à pied d’œuvre et opérationnels avec matériels et équipements ».
Le parti dénonce le risque de vide institutionnel : « Il serait irresponsable d’attendre le 6 février pour comprendre qu’il n’y aura pas d’élus à qui remettre le pouvoir le 7 février 2026 », avertit-il, rejetant l’idée d’une présidentielle limitée aux zones non contrôlées par les gangs.
Appelant à un sursaut national, la Fusion exhorte à « engager les pourparlers en vue de construire un consensus politique suffisant » pour remplacer le CPT et son gouvernement, accusés d’« avoir manifestement échoué ». « Nous n’avons que 150 jours pour nous entendre entre haïtiens sans interférence étrangères, ni de l’ONU, ni de l’OEA, ni de la CARICOM », poursuit le communiqué.
Le parti propose une démarche de médiation interne : « Il s’agit de solliciter une autorité morale qui n’a pas d’agenda ni d’intérêt politique, qui convoquerait les acteurs clés en vue d’entamer dès à présent des discussions pour une sortie de crise apaisée et efficace ». Et de conclure : « Le moment de commencer des discussions sérieuses entre haïtiens c’est maintenant. Le temps est contre nous. Le compte à rebours a commencé » .

