OEA : 32 États réclament le renouvellement et le déploiement intégral de la FRG en Haïti…

Jean Josué Pierre, Représentant d’Haiti auprès de l’OEA…

WASHINGTON, samedi 26 septembre 2026 (RHINEWS)– Trente-deux États membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont appelé hier le Conseil de sécurité des Nations unies à renouveler le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) en Haïti et exhorté la communauté internationale à garantir son déploiement intégral, en personnel, financement, équipements et soutien logistique.

La déclaration conjointe, présentée lors d’une séance du Conseil permanent de l’OEA à Washington par le représentant permanent d’Haïti auprès de l’organisation, Jean Josué Pierre, établit un lien direct entre l’amélioration de la situation sécuritaire et la poursuite des préparatifs en vue d’élections jugées libres, équitables et crédibles.

Les États signataires réaffirment leur « solidarité avec le peuple haïtien » ainsi que leur « respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale d’Haïti ». Ils déclarent également demeurer attachés à des « solutions pilotées par Haïti » et à la mise en œuvre de la résolution AG/RES. 3051 (LVI-O/26) de l’Assemblée générale de l’OEA, adoptée le 23 juin 2026. (Organization of American States⁠)

Les signataires expriment leur « profonde préoccupation » face aux violences attribuées aux gangs armés et à leurs conséquences sur la population haïtienne, notamment les pertes en vies humaines, les déplacements forcés, les violences sexuelles, le recrutement d’enfants ainsi que les entraves à l’aide humanitaire et au développement socio-économique à long terme.

La déclaration salue par ailleurs les conclusions de la mission de haut niveau conduite en Haïti du 16 au 19 août par le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin. Dans son rapport présenté au Conseil permanent, celui-ci avait identifié la sécurité et les élections comme des priorités urgentes et étroitement liées. (Organization of American States⁠)

Les États membres signataires apportent ainsi leur soutien au renouvellement, par le Conseil de sécurité de l’ONU, du mandat de la FRG, autorisé par la résolution 2793 du Conseil de sécurité. Ils estiment toutefois que le renouvellement du mandat doit être accompagné d’efforts permettant le déploiement intégral de la force.

« Nous exhortons tous nos partenaires à honorer sans délai leurs engagements en matière de personnel, de financement, d’équipement et de soutien logistique », indique la déclaration, qui encourage également de nouvelles contributions volontaires, « conformément aux capacités nationales respectives ».

Selon le document, la FRG doit être en mesure d’appuyer la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées d’Haïti (FAd’H), en coordination avec les structures des Nations unies présentes dans le pays, afin de contribuer au renforcement des capacités des institutions haïtiennes de sécurité et d’obtenir des avancées « visibles et mesurables ».

Parmi les priorités identifiées figurent le rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones sous contrôle des gangs, la sécurisation de l’accès à l’aéroport et au port, le rétablissement des principaux axes de transport ainsi que la protection de la population.

La déclaration insiste également sur la nécessité d’une présence permanente de la PNH dans les infrastructures stratégiques et dans les zones reprises aux gangs.

Les signataires estiment que ces avancées, associées aux efforts de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, doivent contribuer à garantir l’accès humanitaire, à rétablir les services publics et à créer des conditions favorables au développement socio-économique à long terme.

Une attention particulière est accordée aux jeunes Haïtiens, avec l’objectif affiché de développer des perspectives susceptibles de réduire les conditions facilitant leur recrutement par les gangs et contribuant à la persistance de l’instabilité.

Les opérations de la FRG et celles des institutions haïtiennes de sécurité, précise la déclaration, doivent être conduites « conformément au droit international et aux normes internationales applicables en matière de droits de la personne ».

Les 32 États appellent également à renforcer l’action nationale, régionale et internationale contre le trafic illicite d’armes et de munitions à destination d’Haïti. Ils demandent aussi de s’attaquer aux flux financiers et aux réseaux d’approvisionnement qui soutiennent les gangs armés et de traduire en justice les personnes qui financent leurs activités ou leur apportent un soutien matériel.

Sur le plan politique, les signataires soutiennent le rétablissement de « l’ordre démocratique et constitutionnel » au moyen d’élections libres, équitables et crédibles organisées dans un environnement sécurisé.

« La situation sécuritaire doit s’améliorer tandis que les préparatifs électoraux se poursuivent », affirment-ils.

La déclaration encourage notamment le soutien à l’identification civile, à l’inscription des électeurs et à la logistique électorale, ainsi qu’à la demande d’Haïti relative à une mission d’observation électorale de l’OEA.

Elle appelle en outre à une coordination étroite entre Haïti, l’OEA, les Nations unies, la CARICOM et les autres partenaires internationaux.

La « Feuille de route haïtienne pour la stabilité et la paix », facilitée par le secrétaire général de l’OEA, est présentée comme un cadre destiné à coordonner le soutien international avec les priorités définies par les autorités haïtiennes et à assurer le suivi des engagements.

En présentant la déclaration, Jean Josué Pierre a résumé son contenu en quatre objectifs : le renouvellement du mandat de la FRG, son déploiement intégral, le renforcement des institutions haïtiennes de sécurité et la protection de la population, afin de créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles et à une stabilité durable.

« Le message de cette déclaration est clair : renouveler le mandat de la Force de répression des gangs, assurer son déploiement intégral, renforcer les institutions haïtiennes de sécurité, protéger la population et créer les conditions permettant à Haïti de progresser vers des élections crédibles et une stabilité durable », a déclaré le représentant permanent d’Haïti auprès de l’OEA. (Organization of American States⁠)

Le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, a également apporté son soutien à la déclaration. Il a estimé que le renouvellement du mandat devait s’accompagner des moyens nécessaires à son exécution.

« Nous devons honorer les aspirations du peuple haïtien en continuant de soutenir la FRG ainsi que le renouvellement de son mandat », a déclaré M. Ramdin, soulignant que la force est engagée sur le terrain pour aider les autorités haïtiennes à reprendre le contrôle du territoire, à restaurer l’accès aux infrastructures essentielles et à améliorer la sécurité publique. (Organization of American States⁠)

« Mais le soutien au renouvellement du mandat ne suffit pas. Un mandat, à lui seul, ne produit pas de résultats », a-t-il ajouté, estimant que les résultats en matière de sécurité nécessitent « du personnel, du financement, de l’équipement, un soutien logistique » ainsi qu’un soutien politique durable. (Organization of American States⁠)

Dans une déclaration publiée après la présentation du document, Albert Ramdin a également soutenu que le déploiement de la FRG devait contribuer à créer l’environnement sécuritaire nécessaire au fonctionnement des institutions et à la tenue des élections. (Organization of American States⁠)

La déclaration conjointe conclut en appelant une nouvelle fois le Conseil de sécurité des Nations unies à renouveler le mandat de la FRG et la communauté internationale à en assurer le déploiement intégral.

« Haïti a besoin d’une action urgente et coordonnée ainsi que de résultats mesurables », soulignent les États signataires.

La déclaration a été signée par Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la Dominique, la République dominicaine, l’Équateur, El Salvador, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Suriname, Trinité-et-Tobago, les États-Unis d’Amérique et l’Uruguay. L’OEA précise que les 32 États membres actifs de l’organisation ont souscrit à la déclaration. (Organization of American States⁠)