MOSCOU, jeudi 8 janvier 2026 (RHINEWS)- La Russie a réaffirmé jeudi que toute présence militaire occidentale en Ukraine serait considérée comme une « cible légitime », quelques jours après l’annonce par la France et le Royaume-Uni de leur intention de déployer des troupes dans le pays en cas d’accord de paix, ont indiqué les autorités russes.
Dans un communiqué, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a averti que « le déploiement d’unités militaires, d’installations militaires, d’entrepôts et d’autres infrastructures de pays occidentaux sur le territoire de l’Ukraine sera qualifié d’intervention étrangère ». Elle répondait à une « déclaration d’intention » signée mardi par le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron.
Cette déclaration a été adoptée lors de la dernière réunion de la dite « Coalition des volontaires », au cours de laquelle Londres et Paris ont convenu de la mise en place d’une force multinationale destinée à garantir la sécurité de l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel règlement du conflit.
La Russie s’oppose de longue date à toute présence de troupes occidentales en Ukraine. « Ces avertissements ont été formulés à plusieurs reprises au plus haut niveau et restent pleinement d’actualité », a souligné Maria Zakharova, qualifiant l’accord conclu par les alliés de l’Ukraine de « nouvelle déclaration militariste ».
De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky réclame depuis plusieurs mois des garanties de sécurité solides de la part de ses alliés occidentaux afin de dissuader toute nouvelle invasion russe dans le cadre d’un accord de paix. La nature exacte de ces garanties, que l’Europe et les États-Unis seraient prêts à offrir, s’est précisée progressivement à la suite de multiples réunions diplomatiques.
Selon Keir Starmer, l’accord annoncé mardi établit le cadre juridique permettant à des troupes britanniques et françaises d’opérer en Ukraine, après que les deux pays ont déjà exprimé leur volonté d’y déployer des forces. Volodymyr Zelensky a déclaré jeudi que l’accord sur les garanties de sécurité était désormais « essentiellement prêt pour une finalisation au plus haut niveau avec le président des États-Unis », à l’issue de nouvelles discussions tenues en France la veille.
Malgré ces avancées entre Kiev et ses alliés, la réaction de Moscou souligne l’ampleur des divergences entre les deux camps. La Russie a intensifié ses attaques ces dernières semaines, visant notamment les infrastructures énergétiques ukrainiennes, alors que l’hiver connaît un pic de rigueur.
Les autorités de Kyiv ont ainsi appelé jeudi les habitants à constituer des réserves d’eau, de batteries et de vêtements chauds, les températures devant chuter jusqu’à moins 20 degrés Celsius. « Nous ne pourrons parvenir à un accord de paix que si Vladimir Poutine est prêt à faire des compromis », a déclaré Keir Starmer mardi, ajoutant que « malgré ses déclarations, Poutine ne montre pas qu’il est prêt pour la paix ».

