L’ONU prévoit une croissance mondiale de 2,7 % en 2026, en ralentissement hein que le piété ait été évité…

Screenshot

NEW-YORK, jeudi 8 janvier 2026 (RHINEWS)- L’économie mondiale devrait éviter une rupture en 2026 sans pour autant retrouver sa dynamique d’avant-crise, selon un rapport des Nations unies publié jeudi, qui anticipe une croissance de 2,7 % cette année, en léger recul par rapport à 2025 et nettement inférieure à la moyenne de 3,2 % observée avant la pandémie. Le document souligne que, malgré les scénarios les plus pessimistes évoqués ces derniers mois, le ralentissement attendu resterait contenu.

En 2025, l’activité mondiale a fait preuve d’une résilience jugée inattendue, avec une croissance estimée à 2,8 %, malgré la forte hausse des droits de douane imposés par les États-Unis, qui avait fait craindre un net repli des échanges internationaux. Cette performance a été soutenue par la solidité des dépenses des ménages et par le reflux progressif de l’inflation. Le rapport note toutefois que ce sursaut n’a pas permis de dissiper les fragilités persistantes de l’économie mondiale.

Le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA), auteur du rapport annuel World Economic Situation and Prospects, estime que la faiblesse de l’investissement et la réduction des marges de manœuvre budgétaires continuent de peser sur la dynamique globale. Un apaisement partiel des tensions commerciales a permis de limiter les perturbations les plus aiguës du commerce international, mais l’impact différé de la hausse des droits de douane, conjugué à une incertitude macroéconomique accrue, devrait se faire davantage sentir en 2026. Le rapport met également en garde contre des risques liés à des valorisations élevées sur certains segments des marchés associés aux progrès rapides de l’intelligence artificielle.

À ces vulnérabilités s’ajoute le niveau élevé de l’endettement mondial, en particulier dans les pays en développement, où le poids de la dette et le coût de l’emprunt limitent fortement la capacité des États à soutenir l’activité ou à amortir les chocs. « Une combinaison des tensions économiques, géopolitiques et technologiques est en train de remodeler le paysage mondial, générant une nouvelle incertitude économique et des vulnérabilités sociales », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans un communiqué accompagnant la publication du rapport. Il a ajouté que « de nombreuses économies en développement continuent de connaître des difficultés » et que les progrès vers les objectifs de développement durable « restent lointains pour une grande partie du monde ».

Les perspectives régionales apparaissent contrastées derrière la moyenne mondiale. Aux États-Unis, la croissance est attendue à 2 % en 2026, légèrement supérieure à celle de 2025, soutenue par un environnement monétaire et budgétaire plus accommodant, malgré un ralentissement anticipé du marché du travail. Dans l’Union européenne, l’activité devrait progresser de 1,3 %, pénalisée par la hausse des droits de douane américains et par une incertitude géopolitique persistante. En Asie, la croissance resterait soutenue mais en décélération, avec une progression de 4,4 % en Asie de l’Est, 4,6 % en Chine et 6,6 % en Inde, tandis qu’en Afrique, la croissance atteindrait 4 %, tout en demeurant exposée aux chocs climatiques et à un endettement élevé.

Le commerce mondial a dépassé les attentes en 2025, avec une croissance de 3,8 %, portée par des exportations anticipées et par le dynamisme des services, mais cette tendance devrait s’essouffler en 2026, l’ONU prévoyant un ralentissement à 2,2 %. Dans le même temps, l’investissement reste contraint dans la plupart des régions, affecté par les tensions géopolitiques et des conditions budgétaires restrictives, malgré l’assouplissement monétaire et certaines mesures ciblées. Le rapport avertit que l’essor de l’intelligence artificielle pourrait accentuer les déséquilibres existants si les gains restent concentrés sur quelques grands marchés.

L’inflation mondiale devrait poursuivre son recul, passant d’environ 3,4 % en 2025 à 3,1 % en 2026, après 4 % en 2024, sans pour autant alléger significativement le coût de la vie. « Même si l’inflation recule, les prix élevés et toujours en hausse continuent d’éroder le pouvoir d’achat des plus vulnérables », a déclaré Li Junhua, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociales, appelant à préserver les dépenses essentielles et à s’attaquer aux facteurs structurels des chocs de prix. Face à des tensions commerciales persistantes, à des pressions inflationnistes résiduelles et à des chocs climatiques de plus en plus fréquents, le rapport plaide pour un renforcement de la coordination internationale et du multilatéralisme afin d’éviter une fragmentation durable de l’économie mondiale.