GENÈVE, mercredi 21 octobre 2026 (RHINEWS) – Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé mardi les autorités de cinq pays européens – la France, la Belgique, l’Italie, l’Albanie et le Portugal – à prévenir toute escalade de la violence lors des manifestations sociales, tout en dénonçant les actes de vandalisme commis par certains protestataires et les informations faisant état d’un recours excessif à la force par les services de sécurité.
Cette mise en garde intervient dans un contexte de contestation sociale marqué par des mobilisations contre la hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès au logement, les inégalités économiques et la dégradation des services publics. Plusieurs manifestations ont été émaillées d’affrontements avec les forces de l’ordre, de destructions de biens publics et privés et de nombreuses interpellations.
« Les gens ont le droit de manifester pacifiquement et de faire entendre leur voix », a déclaré Volker Türk, rappelant que les gouvernements ont l’obligation de faciliter l’exercice de la liberté de réunion pacifique et de protéger les droits fondamentaux des citoyens.
Le responsable onusien a également souligné que les violences commises par certains participants ne sauraient justifier des interventions policières indiscriminées contre l’ensemble des manifestants. Il a insisté sur la nécessité de distinguer les personnes exerçant pacifiquement leurs droits de celles impliquées dans des infractions.
En France, les mobilisations, initialement organisées en septembre pour dénoncer le manque de moyens dans l’enseignement, se sont progressivement étendues à d’autres revendications sociales, notamment la hausse des prix et la détérioration des services publics.
Samedi, plusieurs manifestations ont dégénéré, particulièrement à Paris et à Marseille, où des commerces ont été pillés et des bâtiments endommagés. Plus de 2 400 personnes auraient été interpellées, selon les informations rapportées par la presse.
Dimanche, le président Emmanuel Macron a condamné les violences et appelé au calme, alors que les autorités françaises faisaient face à une multiplication des rassemblements et à des tensions persistantes entre manifestants et forces de sécurité.
En Belgique, la contestation a également pris de l’ampleur. Des lycéens, initialement mobilisés autour des questions éducatives, ont rejoint un mouvement plus large opposé aux mesures d’austérité du gouvernement fédéral.
À Bruxelles et à Liège, les manifestations de samedi ont été marquées par des affrontements, l’installation de barricades, des incendies de véhicules et des dégradations de vitrines. Près de 200 personnes auraient été arrêtées, dont plus de 25 mineurs, selon les chiffres rapportés par la presse.
En Italie, notamment à Milan, les protestations contre le coût de la vie et les difficultés économiques ont également donné lieu à des confrontations entre manifestants et forces de l’ordre.
En Albanie, la mobilisation vise notamment le gouvernement du Premier ministre Edi Rama. Des étudiants dénoncent la corruption, les conditions d’enseignement et l’insuffisance des perspectives économiques offertes aux jeunes.
À Tirana, certains manifestants ont lancé des pierres et des engins pyrotechniques contre des bâtiments publics. Les forces de sécurité ont riposté en utilisant des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les rassemblements.
Au Portugal, les protestations sont principalement alimentées par la crise du logement et l’augmentation des loyers. Mardi à l’aube, les forces de police ont démantelé deux campements de protestataires installés sur des places publiques à Lisbonne et à Porto.
Au moins 55 militants ont été arrêtés au cours de ces opérations. Les autorités portugaises soutiennent que les interventions ont été menées dans le respect de la légalité et du principe de proportionnalité, tandis que les organisateurs des rassemblements dénoncent des méthodes brutales.
Face à ces différents incidents, Volker Türk a condamné les actes de violence et de vandalisme commis en marge des manifestations, tout en rappelant que les responsabilités doivent être établies individuellement.
« Je déplore les agissements de ceux qui exploitent les manifestations pour commettre des actes de violence et de vandalisme à l’encontre de biens publics et privés », a-t-il déclaré, selon le texte de sa déclaration .
Le Haut-Commissaire a estimé que les auteurs de tels actes devaient répondre de leurs agissements devant la justice, dans le respect des garanties légales et des procédures judiciaires applicables.
Il a toutefois exprimé de sérieuses préoccupations concernant les méthodes employées par certaines forces de sécurité pour disperser les rassemblements.
« Je suis préoccupé par les informations faisant état d’un recours inutile et excessif à la force contre des manifestants, y compris des enfants », a-t-il averti.
Le responsable des droits humains de l’ONU a rappelé que les opérations de maintien de l’ordre doivent respecter les principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité. Il a demandé que les accusations d’usage illégal de la force donnent lieu à des enquêtes rapides, efficaces et indépendantes.
Selon lui, les victimes de violations doivent pouvoir obtenir réparation et les agents reconnus responsables d’abus doivent rendre des comptes devant les instances compétentes.
Cette position repose sur une distinction entre le droit de manifester pacifiquement, protégé par les instruments internationaux relatifs aux droits humains, et les actes de violence susceptibles d’engager la responsabilité pénale de leurs auteurs.
Le Haut-Commissaire a ainsi souligné que les violences commises par certains participants ne peuvent justifier une répression généralisée, pas plus que l’exercice du droit de manifester ne saurait exonérer les auteurs d’infractions de leurs responsabilités.
Au-delà des incidents survenus dans les rues européennes, Volker Türk a invité les gouvernements concernés à examiner les revendications économiques et sociales à l’origine des mobilisations.
Bien que les motifs de contestation diffèrent selon les pays, plusieurs préoccupations communes apparaissent, notamment les difficultés d’accès à un logement abordable, l’augmentation du coût de la vie, les insuffisances des services publics et l’aggravation des inégalités.
La participation importante des jeunes constitue également un élément notable de ces mouvements. En France, en Belgique et en Albanie, des lycéens et des étudiants figurent parmi les principaux acteurs des mobilisations, exprimant leurs inquiétudes concernant leurs conditions d’études et leurs perspectives professionnelles.
Volker Türk a pris acte des initiatives engagées par certaines autorités pour enquêter sur les incidents et tenter d’apaiser les tensions. Il a néanmoins estimé que les réponses sécuritaires et judiciaires ne sauraient, à elles seules, résoudre les difficultés économiques et sociales à l’origine des protestations.
Le Haut-Commissaire a appelé les gouvernements à établir un « dialogue constructif, inclusif et de fond » avec les différentes composantes de la société, particulièrement les jeunes, afin de rechercher des solutions aux revendications exprimées.
Il a notamment encouragé l’adoption de mesures concrètes dans les domaines de l’éducation, du logement et de la réduction des inégalités, tout en insistant sur la nécessité de préserver les libertés fondamentales.
Ces recommandations interviennent alors que les autorités des pays concernés doivent concilier le maintien de l’ordre public, la protection des personnes et des biens ainsi que le respect des droits des manifestants.
Pour les Nations unies, la prévention de nouvelles violences passe également par une prise en compte des préoccupations sociales qui alimentent les mouvements de contestation. Le rétablissement de l’ordre, selon cette approche, doit
s’accompagner d’un dialogue politique et de réponses aux difficultés économiques dénoncées par les protestataires.
Note de vérification rédactionnelle : cette dépêche reprend les informations et déclarations du texte transmis. Les recherches effectuées n’ont pas permis de retrouver la déclaration officielle du 20 octobre 2026 ni de confirmer indépendamment les bilans d’interpellations. Ces éléments doivent être vérifiés avant publication.

