WASHINGTON, mercredi 30 juillet 2025 (RHINEWS) — L’Organisation des États Américains (OEA) a officiellement relancé mardi le Groupe des Amis d’Haïti lors d’une réunion de haut niveau tenue au Salon des Amériques, au siège de l’organisation à Washington, sous l’impulsion de son nouveau Secrétaire général, Albert Ramdin, qui a placé Haïti au cœur de son mandat. Cette initiative vise à mobiliser un soutien international coordonné en réponse à l’aggravation de la crise multidimensionnelle haïtienne.
Myrtha Désulmé, représentante permanente d’Haïti auprès de l’OEA, a ouvert la séance en posant un constat sans appel : « Haïti traverse l’une des pires crises de son histoire moderne – une crise sécuritaire, humanitaire, institutionnelle, économique et environnementale, qui menace l’existence même de la nation haïtienne. »
La réunion a été convoquée dans le cadre de la résolution 3039 (LV-O/25) adoptée par l’Assemblée générale de l’OEA, qui appelle à des « solutions urgentes et concrètes pour soutenir le peuple haïtien dans sa quête de paix, de gouvernance démocratique et de développement durable. »
Le Groupe des Amis d’Haïti, autrefois actif mais devenu inactif, a été réactivé pour devenir une plateforme stratégique de coordination entre les États membres, les institutions régionales et les partenaires internationaux. « Ce n’est pas un geste symbolique. C’est un appel à l’action collective pour une responsabilité partagée, à un moment où Haïti risque de basculer dans l’irrémédiable, » a insisté Mme Désulmé.
Le Secrétaire général Albert Ramdin a saisi l’occasion pour présenter l’avant-projet de sa Feuille de Route pour Haïti, appelant à « un soutien cohérent, intégré et durable de la communauté interaméricaine ». Il a rappelé que « la priorité est de sauver des vies, de restaurer la sécurité, et de reconstruire un État fonctionnel capable de répondre aux besoins fondamentaux de sa population. »
La séance a réuni les représentants permanents des États membres de l’OEA, des observateurs permanents, ainsi que plusieurs institutions régionales et internationales, notamment la CARICOM, l’OPS, le BINUH, la BID, la Banque mondiale, l’IICA, la PADF et la MSS. Ces acteurs ont échangé sur les synergies nécessaires pour coordonner les efforts, renforcer les mécanismes d’appui et mobiliser les ressources indispensables à la mise en œuvre de la feuille de route.
Dans son discours, Mme Désulmé a insisté sur la responsabilité historique et morale de la communauté régionale : « L’histoire de la région est intimement liée à celle d’Haïti, première République noire indépendante. Ce qui se joue aujourd’hui, ce n’est pas seulement le sort d’un pays, mais celui de tout un héritage démocratique. »
Elle a exhorté à une mobilisation sans précédent : « La solidarité ne doit pas être circonstancielle ni paternaliste, mais structurante, respectueuse de la souveraineté du peuple haïtien, et orientée vers des solutions durables. »
Mme Désulmé a par ailleurs salué les efforts en cours pour renforcer le Conseil présidentiel de transition en Haïti, et appelé les partenaires à « soutenir sans ambiguïté cette architecture de transition fragile mais essentielle. »
La représentante haïtienne a conclu sur une note d’espérance, en affirmant : « Nous sommes venus ici pour rallumer une flamme, et non pour prononcer un éloge funèbre. Le peuple haïtien veut vivre. Il a besoin d’amis véritables. Il a besoin de vous. »
Le Groupe des Amis d’Haïti tiendra des réunions périodiques pour assurer le suivi de la feuille de route, et des groupes de travail thématiques seront créés pour traiter des questions prioritaires telles que la sécurité, la gouvernance, la santé, la relance économique, l’état de droit et la reconstruction institutionnelle.

