NEW-YORK, mardi 29 juillet 2025 (RHINEWS)– Une conférence de haut niveau coorganisée par l’Arabie saoudite et la France à l’Assemblée générale de l’ONU a rassemblé plus de 70 pays, exprimant un soutien fort, multilatéral et sans précédent en faveur de la solution à deux États entre Israël et la Palestine. L’événement, boycotté par Israël et les États-Unis, a été marqué par des appels urgents à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, à la fin de l’occupation israélienne et à la reconnaissance internationale d’un État palestinien sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a ouvert la conférence en dénonçant « une catastrophe humanitaire d’une ampleur épique » dans la bande de Gaza et a exhorté les États membres à agir de manière décisive : « Le moment est venu de passer des mots aux actes. La solution à deux États n’est pas morte, mais elle agonise. »
Le ministre des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, le prince Faisal bin Farhan, a appelé à « des mesures irréversibles et vérifiables » en vue de créer un État palestinien viable. « Sans une fin à l’occupation, il n’y aura pas de paix régionale. » Il a également exhorté à une protection internationale pour les civils palestiniens.
Le ministre français des Affaires étrangères, Stéphane Séjourné, a confirmé l’intention de la France de reconnaître l’État de Palestine « avant la fin de l’année » si aucune avancée significative n’a lieu. « La France n’attendra pas indéfiniment que la solution diplomatique reprenne vie. » Il a plaidé pour une mission internationale temporaire autorisée par le Conseil de sécurité pour accompagner la transition et soutenir les institutions palestiniennes.
L’Égypte, par la voix du ministre Sameh Shoukry, a exigé « le retrait immédiat d’Israël de Gaza » et « la réhabilitation de l’Autorité palestinienne comme seul interlocuteur légitime ». Il a ajouté que « toute tentative de division du territoire palestinien est vouée à l’échec ».
Le Qatar a annoncé un financement de 250 millions de dollars pour la reconstruction et appelé à « la fin des punitions collectives contre les civils de Gaza ». Il a aussi demandé une enquête internationale sur les attaques visant les hôpitaux et les écoles.
La Jordanie, représentée par Ayman Safadi, a condamné « les crimes de guerre commis à Gaza » et rappelé que « la paix passe par la fin de l’impunité et par la pleine application du droit international ».
L’Algérie a plaidé pour la suspension d’Israël de l’ONU « si elle persiste à bafouer les résolutions adoptées par cette Assemblée ». Le ministre Ahmed Attaf a déclaré que « l’existence d’Israël ne saurait se faire au prix de la négation de celle de la Palestine ».
L’Afrique du Sud, à travers sa ministre Naledi Pandor, a qualifié la situation à Gaza de « génocide lentement exécuté » et a appelé à des sanctions contre les entreprises impliquées dans la colonisation.
Le Royaume-Uni, par la voix de David Lammy, a indiqué qu’il « reconnaîtra officiellement l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale de septembre », sauf si Israël s’engage formellement à reprendre les négociations sur la base des deux États. « Nous n’accepterons plus le statu quo destructeur », a-t-il insisté.
L’Inde, traditionnellement prudente, a cette fois soutenu la conférence, appelant à une « reprise immédiate des négociations » et à « la libération des otages israéliens et des prisonniers politiques palestiniens ».
La Norvège, médiatrice historique du processus d’Oslo, a proposé la tenue d’une nouvelle conférence à Oslo pour relancer des pourparlers directs. Le ministre Espen Barth Eide a jugé que « le moment est venu d’un basculement diplomatique mondial ».
La Turquie a appelé à « l’expulsion des colons extrémistes de Cisjordanie » et au boycott des produits issus des colonies. Elle s’est déclarée prête à contribuer à une mission de stabilisation sous mandat de l’ONU.
Le Brésil a soutenu la déclaration commune et proposé une médiation sud-américaine. Le ministre Mauro Vieira a déclaré : « Le monde ne peut pas rester spectateur d’une injustice aussi persistante. »
La Chine a affirmé son soutien au processus et proposé d’accueillir un sommet régional Israël-Palestine à Beijing. « Nous devons offrir une alternative sérieuse à la logique de guerre », a déclaré le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi.
La Russie a accusé les États-Unis de « saboter tout processus sérieux » et a soutenu un embargo sur les livraisons d’armes à Israël. Sergueï Lavrov a appelé à un front commun « contre les puissances qui maintiennent ce conflit par intérêt stratégique ».
L’Union européenne, représentée par Josep Borrell, a défendu un « engagement commun pour reconnaître la Palestine comme État membre à part entière des Nations Unies », appelant les pays membres à « ne plus tergiverser ».
Israël et les États-Unis ont boycotté la conférence. Le gouvernement israélien a dénoncé « une mascarade hostile à l’État juif », tandis que le département d’État américain a jugé la rencontre « prématurée et contre-productive ».
Cette conférence marque néanmoins un basculement historique dans la diplomatie internationale : la majorité des pays participants ont affiché une volonté claire de sortir du statu quo et d’imposer une dynamique irréversible vers un État palestinien, sous supervision internationale, en rupture avec les blocages des dernières décennies. Un rapport officiel de la conférence sera soumis à l’Assemblée générale de septembre, avec plusieurs propositions opérationnelles, dont la création d’un comité international de mise en œuvre.

