Les Etats-Unis appellent à un déploiement rapide de la FRG après les attaques meurtrières de Kenscoff…

Jennifer Locetta, représentante adjointe des Etats-Unis pour les affaires politiques spéciales…

NEW YORK, vendredi 28 août 2026 (RHINEWS)– Les Etats-Unis ont condamné vendredi « dans les termes les plus forts » les attaques meurtrières attribuées à des gangs armés dans la communauté de Kenscoff, près de Port-au-Prince, et appelé à une accélération du déploiement de la Force de répression des gangs (Gang Suppression Force, GSF), autorisée par le Conseil de sécurité des Nations unies.

S’exprimant devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Jennifer Locetta, représentante adjointe des Etats-Unis pour les affaires politiques spéciales, a déclaré que Washington « pleure les vies innocentes perdues » et présente ses « plus profondes condoléances aux victimes et à leurs familles ».

L’attaque de Kenscoff, qui a fait au moins 47 morts, dont des enfants, selon des informations communiquées lors de la réunion du Conseil de sécurité, intervient après plusieurs mois de violences meurtrières dans cette zone. Des maisons ont notamment été incendiées et des habitants ont été attaqués alors qu’ils tentaient de fuir. 

« Cette attaque, qui fait suite à des mois de violences meurtrières persistantes, est un nouveau rappel de l’état désastreux de la crise sécuritaire en Haïti », a déclaré Mme Locetta.

Selon la diplomate américaine, les groupes armés ont, au cours des derniers mois, « assassiné des civils, terrorisé des communautés, incendié des maisons et détruit des familles ».

Mme Locetta a également accusé les coalitions de gangs de chercher à empêcher les Haïtiens d’exercer leur droit de vote lors de futures élections. « Par leurs propres déclarations publiques, les coalitions de gangs cherchent à empêcher les électeurs haïtiens d’exercer leurs droits pour élire leur gouvernement représentatif lors d’une future élection », a-t-elle affirmé.

« Les terroristes ne peuvent pas prendre la démocratie en otage pour leurs propres fins égoïstes et violentes », a-t-elle ajouté, appelant à protéger les civils contre les violences des groupes armés.

La représentante américaine a assuré que Washington soutenait les autorités haïtiennes dans leurs efforts visant à poursuivre les responsables des violences, mettre fin à l’impunité des gangs et rétablir l’autorité de l’Etat.

« Nous sommes fermement aux côtés des autorités haïtiennes qui cherchent à tenir les auteurs responsables, à mettre fin à l’impunité des gangs, à restaurer l’autorité de l’Etat et à permettre au peuple haïtien de choisir lui-même ses dirigeants », a-t-elle déclaré.

Au centre de l’intervention américaine figure la GSF, force multinationale autorisée par le Conseil de sécurité pour soutenir les autorités haïtiennes dans la lutte contre les groupes armés. La force doit atteindre une capacité de plusieurs milliers de membres, tandis que son mandat doit être soumis à renouvellement par le Conseil de sécurité à la fin du mois de septembre. 

Pour Washington, les violences de Kenscoff illustrent précisément la nécessité de rendre opérationnelle cette force.

« Cette attaque est précisément la raison pour laquelle la mission et le mandat de la Force de répression des gangs autorisée par l’ONU sont importants », a déclaré Mme Locetta.

Elle a estimé que la GSF ne devait pas se limiter à des déclarations, mais disposer des moyens nécessaires pour intervenir contre les groupes armés.

« La GSF n’a pas été créée pour publier des déclarations depuis l’intérieur des murs d’un complexe ou dépenser notre argent pendant qu’Haïti souffre », a-t-elle lancé.

La diplomate américaine a appelé les pays membres de l’ONU à faciliter le déploiement rapide des contingents militaires et policiers appelés à participer à la force, ainsi qu’à contribuer au fonds d’affectation spéciale destiné à financer ses opérations.

« La GSF a besoin d’équipements, de ressources et de volonté politique pour accomplir et achever ce travail », a-t-elle insisté.

Jennifer Locetta a également appelé les membres du Conseil de sécurité à renouveler le mandat de la GSF le mois prochain. Elle a indiqué que les Etats-Unis comptaient travailler avec le Panama, co-porte-plume du dossier haïtien au Conseil, sur cette question. 

Selon Washington, le renforcement de la sécurité ne peut toutefois constituer à lui seul une réponse durable à la crise haïtienne.

« Nous ne pouvons pas parvenir à la stabilité uniquement par l’intermédiaire des forces de sécurité », a déclaré Mme Locetta, appelant à associer les efforts sécuritaires à une gouvernance responsable et à des perspectives économiques.

Elle a notamment plaidé pour davantage d’investissements dans les infrastructures, la création d’emplois et l’accès au capital afin d’offrir aux jeunes Haïtiens des alternatives à l’enrôlement dans les groupes armés.

« Nous appelons la communauté internationale à aider Haïti à gagner la paix sur le long terme », a-t-elle déclaré.

La représentante américaine a enfin réaffirmé l’engagement de Washington aux côtés d’Haïti et de ses partenaires internationaux.

« Les Etats-Unis sont aux côtés d’Haïti et continueront de travailler avec les Haïtiens et les partenaires internationaux pour mettre fin à cette crise et restaurer la stabilité d’Haïti », a-t-elle conclu.

L’appel américain intervient alors que les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux cherchent à renforcer les capacités de sécurité du pays dans la perspective des élections annoncées pour décembre 2026. La situation sécuritaire demeure l’un des principaux obstacles à la tenue de ce scrutin, alors que les groupes armés continuent d’exercer leur influence sur de larges portions du territoire.