DELMAS (Haïti), mardi 30 décembre 2025 (RHINEWS)– Le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) a dénoncé la gestion du Conseil présidentiel de transition (CPT), qu’il juge marquée par le clientélisme, la dilapidation des fonds publics et une dérive partisane, tout en appelant à un retour rapide à la normalisation de la vie politique et à la mise en place d’une nouvelle gouvernance après le 7 février 2026, selon un communiqué du parti rendu public à l’occasion des fêtes de fin d’année et du Nouvel An.
Dans ce communiqué, le RDNP, qui se définit comme un parti de centre-gauche « attaché aux valeurs du christianisme », a d’abord présenté ses vœux au peuple haïtien, souhaitant « une année de paix, de bonheur et de prospérité ». Toutefois, le parti affirme que ces vœux ne sauraient occulter la situation du pays qui, selon le communiqué, « végète dans une catastrophe qui était pourtant prévisible avec la mise en place d’un Conseil présidentiel de transition de neuf membres dont la gestion intéressée et partisane ne pouvait rien inaugurer de bon ».
Le RDNP estime qu’après « vingt mois de gouvernance marqués par le clientélisme, le favoritisme, la dilapidation et le détournement de fonds dénoncés par la clameur publique », le CPT « atteint son terme dans le plus grand déshonneur à cause des actions et des décisions qu’il a engagées contre l’intérêt général ». Le parti souligne néanmoins qu’il ne s’est pas inscrit dans une opposition systématique au CPT, précisant avoir « fait son travail en tant que parti avant-gardiste et responsable chaque fois qu’il y a eu des manquements à signaler », en lançant des alertes régulières sur les dérives de cet exécutif qualifié d’« atypique », selon le communiqué.
Dans le texte, le RDNP affirme ne considérer comme adversaires politiques que « ceux qui agissent contre l’intérêt national » et soutient n’avoir jamais souhaité l’échec d’aucune expérience gouvernementale, « qu’elle vienne de gauche ou de droite, qu’elle soit provisoire ou démocratiquement élue ». Il déplore toutefois ce qu’il décrit comme « la consolidation d’une mafia au sommet de l’État », accusée de capter le pouvoir pour préserver des intérêts particuliers au détriment du développement du pays.
Le parti appelle à un bilan des actions politiques menées, estimant qu’elles ont conduit à une « décomposition générale du pays ». Selon le communiqué, « il n’est pas trop exagéré que le peuple décide de demander des comptes à ces soi-disant gouvernants pour leur bilan négatif qui plonge le pays au tréfonds de l’abîme ». Le RDNP considère que la politique, depuis plus de trois décennies, « n’a pas résolu les problèmes fondamentaux du pays ; au contraire, elle les a accentués ».
Abordant la situation sécuritaire, le RDNP décrit une Haïti marquée par « l’effondrement partout », où « des gens sont assassinés chaque jour » et où les groupes criminels « sont de plus en plus déterminés à tuer et à occuper davantage de territoires ». Le communiqué affirme que ces groupes bénéficient « de la complicité des dirigeants irresponsables et de la faiblesse des forces de l’ordre », dans un contexte d’absence de plan de sécurité « réel et efficace ».
C’est dans ce climat que l’annonce d’élections est perçue par le RDNP comme « une manœuvre de diversion politique visant à permettre à cette équipe de s’installer durablement au pouvoir ». Le parti dénonce également la publication au journal officiel Le Moniteur d’un décret sur l’organisation et le fonctionnement de la Haute Cour de Justice, qualifié de « décret scélérat », qui viserait, selon le communiqué, à « servir de caverne pour cacher les anciens et les actuels dilapidateurs des fonds publics » et à remettre en cause les engagements internationaux d’Haïti dans la lutte contre la corruption.
Tout en se disant favorable à l’organisation d’élections générales « dans un délai relativement court », le RDNP affirme que ces scrutins doivent être précédés de conditions préalables, notamment « la libération des routes nationales reliant l’Ouest et les autres départements » et « la récupération des quartiers contrôlés par les groupes armés ». Le parti indique se préparer à présenter « une offre politique sérieuse » à la nation.
Le RDNP plaide pour la mise en place d’une nouvelle gouvernance après le 7 février 2026 et appelle à la promotion d’« une nouvelle élite politique en Haïti, capable d’œuvrer au bien commun ». Dans l’immédiat, il estime que « le recours à la Cour de cassation pour mettre en place un gouvernement provisoire constituerait l’option la plus simple et la moins risquée pour instaurer une gouvernance neutre », tout en précisant examiner « avec sang-froid et discernement » les propositions d’autres secteurs politiques avec lesquels il est en discussion.
Le communiqué appelle à la « clairvoyance politique et au civisme » et réaffirme la volonté du RDNP de participer à un « accord politique inclusif » définissant les contours de la nouvelle gouvernance à mettre en place après le 7 février 2026.

