MIAMI, mercredi 15 avril 2026 (RHINEWS)- Un juge fédéral a décidé dereporter à février 2027 le procès de la représentante démocrate de Floride Sheila Cherfilus-McCormick, initialement prévu le 20 avril 2026, repoussant ainsi l’échéance bien au-delà des élections de mi-mandat.
La décision, rendue par le juge Darrin Gayles, fait suite à une demande conjointe de l’accusation et de la défense, qui ont invoqué le volume considérable de pièces à examiner pour préparer le dossier. « Les intérêts de la justice servis par un report l’emportent sur ceux du public et de la défenderesse à un procès rapide », a écrit le magistrat dans son ordonnance.
La requête a été déposée moins d’une semaine avant l’ouverture du procès devant un tribunal fédéral de Miami. Selon les avocats, plus de 1,2 million de documents — incluant rapports, relevés bancaires et enregistrements — ont déjà été transmis, tandis que d’autres lots sont attendus dans les mois à venir. « Le matériel couvre des informations remontant à plusieurs années », a indiqué l’avocate commise d’office Srilekha Jayanthi, précisant que « le volume de ces éléments oblige la défense à consacrer des ressources substantielles pour organiser leur examen et leur analyse ».
Mme Cherfilus-McCormick est poursuivie pour 15 chefs d’accusation, dont le détournement présumé de 5 millions de dollars de fonds de l’Agence fédérale de gestion des urgences (FEMA), qui auraient été redirigés vers sa campagne électorale. L’élue a rejeté l’ensemble des accusations, affirmant être innocente.
Les faits reprochés remontent à la période précédant son entrée au Congrès, lorsqu’elle dirigeait l’entreprise familiale Trinity Health Care Services. Selon l’acte d’accusation, une erreur administrative aurait conduit à un trop-perçu lié à des services fournis pendant la pandémie de Covid-19, sans que des démarches suffisantes aient été entreprises pour rembourser les fonds.
Plusieurs coaccusés sont également concernés, dont son frère Edwin Cherfilus, sa cheffe de cabinet Nadege Leblanc et le préparateur fiscal David Spencer.
Parallèlement à la procédure judiciaire, la commission d’éthique de la Chambre des représentants doit rendre le 21 avril une décision sur d’éventuelles sanctions contre l’élue, après avoir conclu à des violations des règles de financement de campagne liées à l’affaire. Les sanctions possibles vont de la censure à l’expulsion, une mesure rare nécessitant une majorité des deux tiers. Le représentant républicain Greg Steube a indiqué vouloir poursuivre ses efforts en faveur d’une expulsion après la décision de la commission.

