Des organisations haïtiennes de défense des droits humains alertent sur la dégradation sécuritaire et mettent en doute la tenue des élections…

Symbole du CEP...

PORT-AU-PRINCE, mercredi  15 avril 2026 (RHINEWS)-  Plusieurs organisations haïtiennes de défense des droits humains ont lancé un cri d’alarme face à la détérioration de la situation sécuritaire, socio-économique et politique du pays, estimant que les conditions actuelles compromettent sérieusement la tenue d’élections crédibles.

Dans une note conjointe, les organisations signataires déclarent observer « avec de profondes inquiétudes, la détérioration de la situation socio-économique et politique du pays », marquée notamment par « la multiplication ininterrompue des actes de violence et d’insécurité », les déplacements forcés de population, ainsi que « l’effondrement accéléré des institutions publiques ». Elles dénoncent également « le pillage des maigres ressources du trésor public » et « la hausse systématique des prix des produits de première nécessité », aggravant une précarité déjà jugée alarmante.

Les organisations pointent du doigt le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’elles accusent de faire preuve « d’une absence de volonté manifeste » pour avancer sur les engagements pris, notamment en matière de sécurité et d’organisation des élections. Elles estiment qu’après « l’échec total du Conseil présidentiel de transition et ses gouvernements », un « pouvoir monocéphale » a été imposé au pays depuis le 7 février 2026.

Selon le document, un pacte présenté le 23 février aurait confié au gouvernement une double mission de rétablissement de la sécurité et d’organisation des élections, mais « en laissant délibérément indéterminée la durée de l’accomplissement d’une telle mission ». Les signataires regrettent en outre l’absence de mécanismes de contrôle, soulignant que « même un comité de suivi prévu par ledit pacte (…) n’a pas été mis en place ».

Plus de deux mois après ces engagements, les organisations affirment que « le gouvernement n’a posé aucune action qui manifeste sa volonté réelle de rétablir la sécurité ou de faciliter la tenue des élections ». Elles accusent au contraire les autorités de prendre des décisions « de nature à retarder le processus électoral » et de « priver la population de son droit de choisir ses propres dirigeants ».

Les organisations dénoncent également des initiatives jugées controversées, notamment la volonté affichée de modifier la Constitution « sans légalité ni légitimité », qualifiée de « véritable provocation », ainsi que des pressions présumées visant à modifier la composition du Conseil électoral provisoire (CEP).

Dans ce contexte, elles affirment dénoncer « avec véhémence et fermeté le gouvernement et ses alliés qui se croient tout permis », estimant que les décisions prises jusqu’à présent relèvent de « manœuvres et tergiversations visant à faire durer la période de leur gestion ».

Les signataires mettent en garde les membres du CEP contre « toute compromission visant à entraver l’indépendance de l’institution » et dénoncent « le comportement du gouvernement, qui tente d’imposer son propre agenda au Conseil ».

Elles recommandent aux autorités de « cesser leurs manœuvres et tergiversations » et de prendre des mesures concrètes pour rétablir la sécurité et organiser les élections, notamment par « la reprise du contrôle des axes routiers » et « la mise hors d’état de nuire des chefs de gang notoires ».

Les organisations appellent également à la mise en place du comité de suivi prévu par le pacte, ainsi qu’à l’établissement d’un calendrier clair incluant « la date précise de la fin du mandat de ce pouvoir monocéphale ». Elles réaffirment enfin « l’impératif pour le CEP de publier un calendrier électoral qui soit clair et acceptable ».

Elles invitent l’ensemble des secteurs de la société civile à se mobiliser « pour porter le gouvernement à agir pleinement et véritablement dans le sens de sa mission ».