PORT-AU-PRINCE, samedi 27 juin 2026 (RHINEWS)– Le parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) a exprimé ses inquiétudes face à ce qu’il considère comme une tentative du gouvernement de prendre le contrôle du processus électoral, à la suite d’une rencontre tenue le 19 juin entre la Primature, le Conseil électoral provisoire (CEP) et certains représentants de partis politiques. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le parti appelle à un cadre de concertation « véritablement inclusif, transparent et représentatif » pour l’organisation des prochaines élections.
Selon la formation politique, la réunion officialisée par la Primature donne « l’image d’une consultation sélective » menée avec des acteurs politiques jugés proches du pouvoir, au détriment d’une participation plus large des forces politiques du pays. La FUSION estime que le processus électoral « ne peut être conduit comme une affaire de cabinet » ni devenir « une opération politique négociée entre le gouvernement, le CEP et quelques partis choisis sur mesure ».
Dans cette correspondance, le parti soutient que les principales questions relatives au processus électoral – notamment le décret électoral, le calendrier, les garanties de sécurité, les conditions de participation des partis et les règles de la compétition démocratique – ne devraient pas être discutées « dans un cercle fermé », mais faire l’objet d’un dialogue associant les principales formations politiques.
La FUSION affirme également craindre que le gouvernement s’appuie sur le soutien ou les pressions de la communauté internationale pour faire avancer un agenda électoral sans consensus national suffisant. « Les élections en Haïti ne doivent pas être organisées pour satisfaire la communauté internationale. Elles doivent permettre au peuple haïtien de choisir librement ses dirigeants dans des conditions de sécurité, de transparence, d’équité et de confiance », écrit le parti, qui estime qu’une autre approche risquerait de conduire à « un simulacre électoral » susceptible d’alimenter de nouvelles contestations et d’aggraver la crise institutionnelle.
Le parti dit refuser « un nouveau cycle de crise sous prétexte d’une accélération électorale » et évoque ce qu’il présente comme des risques de mise en place d’un système favorisant les acteurs actuellement au pouvoir. Selon la lettre, « la manière dont les choses sont conduites suscite de sérieux doutes quant à un projet visant à établir un système électoral biaisé, où les règles seraient définies à l’avance au bénéfice de ceux qui contrôlent aujourd’hui l’appareil gouvernemental ».
La FUSION rappelle par ailleurs que les partis politiques sont, selon elle, « des acteurs constitutionnels de la démocratie » et non « de simples figurants dans une mise en scène destinée à rassurer certains acteurs internationaux ». Elle demande qu’ils soient associés de manière régulière et transparente aux discussions relatives au décret et au calendrier électoraux, à la sécurité du scrutin, au financement politique, à la participation citoyenne et aux mécanismes de contrôle.
Dans sa lettre, le parti formule plusieurs demandes au gouvernement, notamment la fin des consultations jugées sélectives, la création d’un cadre formel de dialogue réunissant le CEP, le gouvernement, les partis politiques et les organisations de la société civile concernées, la garantie de l’indépendance du CEP, la reconnaissance de la sécurité comme condition préalable à des élections crédibles et l’abandon de toute utilisation de l’urgence internationale comme justification d’un processus qu’il considère insuffisamment préparé.
La FUSION estime qu’il demeure possible d’éviter « une nouvelle catastrophe électorale » si les autorités privilégient un processus « crédible, sécurisé, inclusif et fondé sur un consensus ». Le parti appelle solennellement le Premier ministre à « renoncer à toute démarche susceptible de compromettre l’intégrité du processus électoral » et à placer « l’intérêt national, la souveraineté du peuple et la stabilité démocratique au-dessus des calculs politiques immédiats ».

