PORT-AU-PRINCE, mercredi 30 septembre 2026 (RHINEWS)– Le Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme-Haïti (CARDH-H) salue l’adoption, le 29 septembre, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 2829 prolongeant jusqu’au 31 mars 2027 le mandat de la Force de répression des gangs (FRG).
La résolution a été adoptée par 12 voix pour et trois abstentions, celles de la Chine, du Pakistan et de la Fédération de Russie. Le Conseil a également demandé au Secrétaire général de poursuivre l’appui logistique et opérationnel à la FRG par l’intermédiaire du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (UNSOH).
Dans une réaction publiée après cette décision, le CARDH-H estime que la prolongation du mandat doit désormais être accompagnée des moyens nécessaires au déploiement effectif de la Force.
Selon l’organisation, la FRG a notamment pour mission de « mener des opérations contre les groupes criminels », de « protéger les infrastructures essentielles/critiques » et de « renforcer la Police nationale et les Forces armées d’Haïti ».
Le CARDH-H indique que, pour remplir ces missions, la FRG a élaboré un plan opérationnel destiné à réduire les capacités des groupes armés et à permettre à la Police nationale d’Haïti (PNH) de prendre progressivement le relais.
« Pour matérialiser ce plan, les pays contributeurs doivent respecter leurs engagements en fournissant à la FRG le personnel nécessaire pour son déploiement effectif », souligne l’organisation, qui insiste également sur la nécessité de mettre à la disposition de la Force « des matériels et équipements adaptés pour accomplir la mission ».
L’ONU a elle-même appelé les États membres à accélérer le déploiement des personnels encore attendus afin que la FRG puisse exercer pleinement son mandat. Le Secrétaire général Antonio Guterres a estimé que le soutien sécuritaire devait contribuer à créer les conditions nécessaires aux progrès institutionnels, notamment à la restauration des institutions démocratiques et à la tenue d’élections pacifiques et inclusives.
L’UNSOH indique, de son côté, qu’il appuie actuellement plus de 1.500 membres de la FRG et que plusieurs centaines de personnels supplémentaires sont attendus en octobre et novembre. Les contingents les plus récents, notamment en provenance du Tchad et du Sri Lanka, sont arrivés en septembre.
Le CARDH-H souligne toutefois que le renforcement de la FRG ne saurait se substituer au développement des capacités nationales de sécurité.
« Le renforcement des forces nationales de sécurité doit demeurer un objectif clé et une obligation pour le gouvernement haïtien et les partenaires internationaux », affirme l’organisation.
Pour le CARDH-H, la PNH et les Forces armées d’Haïti (FAd’H) doivent être mises en mesure d’assumer durablement la protection de la population et la sécurité du territoire.
Cette orientation rejoint le contenu de la résolution 2829, qui souligne que les autorités haïtiennes ont la responsabilité première d’assurer la sécurité et la protection des civils dans le pays. Le texte prévoit également un suivi des progrès accomplis par les autorités haïtiennes au regard des objectifs fixés par la résolution 2793, notamment en matière de renforcement des capacités des forces de sécurité nationales et de préparation au transfert progressif des responsabilités au gouvernement haïtien.
Le CARDH-H propose par ailleurs de revenir sur un épisode de son programme « Hebdo des Droits humains » consacré à la FRG, accessible sur son compte X.
La prolongation du mandat intervient alors que la FRG poursuit son déploiement en Haïti et que le Conseil de sécurité a maintenu son mandat pour une nouvelle période de six mois, jusqu’au 31 mars 2027.

