Le BSA dénonce les ingérences internationales et accuse le CPT de trahir ses engagements…

Bureau de Suivi de l'Accord de Montana (BSA)...

PORT-AU-PRINCE, jeudi 27 novembre 2025 (RHINEWS)- Le Bureau de Suivi de l’Accord  de Montana (BSA) critique sévèrement la conduite du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du gouvernement, tout en dénonçant ce qu’il considère comme une ingérence « arrogante » des diplomates américains et canadiens dans les affaires internes d’Haïti.

Dans un communiqué, le BSA affirme que la situation actuelle résulte d’une « trahison » des engagements pris par les membres du CPT dans le cadre de l’Accord du 3 avril.

Rappelant une précédente prise de position datée du 6 octobre 2024, le BSA souligne qu’il avait déjà averti que « le CPT et le gouvernement mènent le pays sur la voie d’une plus grande destruction, du pillage systématique de l’État et de l’affaiblissement de la nation dans son combat pour la souveraineté ».

Selon l’organisation, ces dérives se sont aggravées, au point que « les dirigeants de l’exécutif ont abaissé le prestige de l’État à son plus bas niveau ».

Le BSA juge « inacceptable » que, dans le cadre de relations entre États souverains, « un ambassadeur se permette de décider, avec arrogance, qui doit diriger ou ne pas diriger les institutions d’un autre État ». Il accuse notamment le chargé d’affaires américain et l’ambassadeur du Canada d’être allés « jusqu’à utiliser les sanctions comme outil de chantage politique ».

Pour le BSA, les tensions actuelles entre le CPT, le gouvernement et la communauté internationale découlent directement de « la trahison des engagements » pris par les conseillers du CPT lors de la signature de l’Accord du 3 avril. « Cet accord devait constituer leur principale source de légitimité politique », soutient l’organisation, estimant que le CPT avait la responsabilité de construire sa légitimité auprès de la population « dans le respect du mandat et de la mission qui lui avaient été attribués ».

Le BSA accuse au contraire les membres du CPT de s’être installés « dans le mépris de la souffrance de la population, dans la corruption, l’enrichissement personnel et la recherche de reconnaissance auprès des puissances internationales ».

Selon la note, les manœuvres politiques visant à maintenir le CPT au pouvoir ont « ouvert la porte à l’international pour piétiner la dignité du pays », au point que les conseillers auraient eux-mêmes « remis à l’OEA le destin du pays en lui demandant de produire une feuille de route ».

Le BSA affirme également que le CPT a « applaudi » une résolution des Nations unies qui, selon le texte, « les transforme en collaborateurs d’un processus plaçant Haïti sous contrôle total ».

L’organisation accuse en outre le Conseil d’avoir transféré « la dignité, le pouvoir et les responsabilités de l’État à des mercenaires étrangers » sans œuvrer au renforcement des forces de sécurité nationales et de l’administration publique.

La note cible particulièrement le conseiller Fritz Alphonse Jean, accusé d’avoir « trahi le mouvement historique de l’Accord de Montana ».

Selon le BSA, « il n’a jamais cherché à représenter ni respecter la ligne tracée par l’Accord de Montana, ni son éthique, ni ses valeurs ». Le texte affirme que, par ses décisions, « il a choisi de ne représenter que lui-même » et s’est « affaibli sous le joug des puissances étrangères ».

Le BSA ajoute : « Il oublie l’Histoire, il oublie que les étrangers, avec les dégâts qu’on leur connaît, ont toujours traité de la même manière leurs collaborateurs qui trahissent leurs engagements envers le peuple et la nation ».

Appelant à une réaction nationale, le BSA estime qu’« il faut mettre fin à cette humiliation ». L’organisation affirme que le peuple, « dans l’exercice de sa souveraineté », doit se donner « une alternative au pouvoir en place ».

Elle appelle à la mise en œuvre d’un « plan de sécurité et de justice sociale » reposant sur la mobilisation des ressources nationales afin de retirer à la communauté internationale « les arguments liés à l’insécurité programmée » utilisés pour justifier les résolutions de l’OEA et de l’ONU.

Le BSA indique travailler « sans relâche, depuis plusieurs mois, avec plusieurs organisations à l’intérieur et à l’extérieur du pays » pour construire une proposition susceptible « d’aider le pays à reconquérir sa souveraineté et commencer à soulager la souffrance que nous endurons ».