PORT-AU-PRINCE, vendredi 28 novembre 2025 (RHINEWS)- Le spécialiste haïtien en résolution de conflit, Ernst Pierre Vicent, a appelé vendredi au départ du Conseil présidentiel de transition (CPT) ainsi que du gouvernement, estimant que leurs positions face aux pressions internationales constituent, selon lui, « un acte de lâcheté politique » et « une trahison manifeste des intérêts supérieurs de la nation ».
Réagissant à la correspondance adressée par Laurent Saint-Cyr, coordonnateur du CPT, à ses collègues membres du Conseil, M. Vicent affirme que « le contenu et le ton de cette lettre illustrent une incapacité structurelle à défendre la souveraineté nationale ». Selon lui, les responsables actuels « ont failli à leur mission au moment où la dignité du pays exigeait une position ferme face aux acteurs extérieurs ».
Le docteur Vicent soutient que les membres du CPT auraient dû adopter une posture plus vigoureuse face aux comportements jugés intrusifs de certains diplomates. « Lorsqu’un Conseil de transition est confronté à des pressions contraires aux cadres diplomatiques reconnus, notamment à la Convention de Vienne, il lui appartient d’agir avec fermeté. Le minimum aurait été de déclarer persona non grata toute personne ayant franchi les limites acceptables », a-t-il déclaré.
Selon lui, l’attitude du Conseil et du gouvernement face à ces situations « révèle une faiblesse inquiétante, incompatible avec les responsabilités qui leur incombent dans un moment aussi critique ». Il estime que « laisser s’installer une dynamique où des diplomates dictent le rythme politique du pays » équivaut à « abandonner la souveraineté nationale et exposer davantage l’État à la fragilisation ».
Le spécialiste affirme que l’absence de cohésion interne au sein du CPT aggrave la crise. « Quand un conseiller-président dénonce publiquement des agressions diplomatiques et accuse ses pairs de complaisance, c’est le signe que les mécanismes internes de gestion de conflit ne fonctionnent plus. Cela témoigne d’un effondrement institutionnel dont il faut prendre la mesure », a-t-il observé.
M. Vicent soutient que le maintien du CPT et du gouvernement en place « constitue désormais un risque pour la stabilité nationale ». « On ne peut exiger la confiance du peuple lorsqu’on démontre soi-même une incapacité flagrante à défendre ses intérêts. Dans ces conditions, le départ immédiat de l’équipe dirigeante s’impose comme une nécessité nationale », affirme-t-il.
Le docteur en résolution de conflit ajoute que « toute transition exige non seulement de la cohérence, mais aussi du courage politique ». Il estime que ce courage « n’a pas été démontré », et que la réaction des dirigeants « face aux ingérences perçues n’a été ni claire, ni ferme, ni à la hauteur des attentes ».
Selon lui, seule une recomposition immédiate de la direction politique du pays permettra « de restaurer la crédibilité institutionnelle et d’engager un processus capable de défendre effectivement la souveraineté nationale ». Il conclut que « la situation commande un sursaut éthique et patriotique, et ce sursaut passe par le départ de ceux qui ont échoué à assumer leur rôle ».

