L’Assemblée générale de l’ONU examine le rapport annuel 2025 du Conseil de sécurité, marqué par des efforts de transparence et des critiques persistantes…

Les membres du Conseil de Securite de l'ONU en reunion...

NEW-YORK, 5 juin 2026 (RHINEWS) – L’Assemblée générale des Nations unies doit examiner vendredi le rapport annuel du Conseil de sécurité couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025, un document qui met en lumière les activités du Conseil au cours de l’année écoulée tout en reflétant les débats persistants sur son fonctionnement, sa transparence et son efficacité face aux crises internationales.

Adopté le 22 mai dernier sous la cote S/2026/426, le rapport est présenté conformément à l’article 24(3) de la Charte des Nations unies, qui impose au Conseil de sécurité de soumettre chaque année un compte rendu de ses activités à l’Assemblée générale. Cette obligation constitue le principal mécanisme formel de reddition de comptes du Conseil envers l’ensemble des États membres.

La partie introductive du rapport a été rédigée sous la coordination du Pakistan, conformément aux pratiques en vigueur qui confient cette tâche à l’État exerçant la présidence du Conseil de sécurité au mois de juillet de l’année concernée. Cette introduction présente un aperçu factuel des travaux du Conseil, tandis que le reste du document, préparé par le Secrétariat de l’ONU et approuvé par les membres actuels et sortants du Conseil, détaille les activités et les dossiers examinés au cours de l’année.

Depuis plusieurs années, de nombreux États membres reprochent au rapport annuel son caractère essentiellement descriptif ainsi que les retards fréquents dans son adoption. Ces critiques ont conduit à plusieurs initiatives destinées à renforcer la valeur analytique du document. Depuis 2024, le président de l’Assemblée générale organise notamment des consultations informelles avec les États membres afin de recueillir leurs observations sur les travaux du Conseil.

Lors de la consultation tenue le 16 janvier dernier, plusieurs délégations ont estimé que le rapport devrait davantage « refléter les possibilités d’action complémentaire de l’Assemblée générale au Conseil de sécurité » et contenir davantage d’analyses sur les votes, l’utilisation du droit de veto et ses conséquences sur la capacité du Conseil à maintenir la paix et la sécurité internationales.

Afin d’intégrer ces préoccupations, le Pakistan a diffusé un premier projet d’introduction peu après cette réunion. Après deux révisions supplémentaires, un troisième texte a été approuvé le 2 février, avant que l’ensemble du rapport ne soit validé le 11 mai selon une procédure d’absence d’objection. Le calendrier a ainsi respecté les échéances fixées par une note présidentielle adoptée en 2019, qui prévoit l’achèvement de l’introduction avant le 31 janvier et l’adoption du rapport avant le 30 mai.

Selon plusieurs observateurs diplomatiques, les négociations ayant conduit à l’adoption du texte ont été relativement constructives, même si certaines questions sensibles ont nécessité d’intenses discussions, notamment celles liées à l’usage du veto, aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, à la question du Sahara occidental ainsi qu’aux dossiers de non-prolifération concernant l’Iran.

Le document adopté témoigne d’une volonté accrue d’introduire des éléments d’analyse dans le rapport annuel. Pour la deuxième année consécutive, il comporte notamment un chapitre distinct consacré aux rapports spéciaux transmis à l’Assemblée générale lorsqu’un membre permanent du Conseil exerce son droit de veto, conformément à la résolution 76/262, souvent appelée « initiative sur le veto ».

L’introduction souligne qu’en dépit d’une diminution du recours au veto en 2025 par rapport à l’année précédente, cette pratique demeure une source de préoccupation pour de nombreux États membres. Elle poursuit également une démarche engagée en 2021 consistant à fournir des données détaillées sur la participation des femmes et des représentants de la société civile aux réunions du Conseil.

Pour la première fois, le rapport reconnaît explicitement les obstacles qui ont entravé les travaux du Conseil dans la gestion des conflits prolongés et des crises humanitaires majeures. Il évoque notamment les « tensions géopolitiques accrues » et les divisions entre membres du Conseil, tout en affirmant que l’institution demeure au cœur du système de sécurité collective. Selon le document, l’engagement continu du Conseil dans de multiples crises confirme sa « centralité durable » dans la lutte contre les menaces à la paix et à la sécurité internationales.

Le rapport revient également sur plusieurs questions soulevées par les États membres lors des consultations de janvier. Il mentionne notamment la lettre conjointe adressée le 25 novembre 2025 par les présidents du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale afin de lancer le processus de sélection du prochain secrétaire général de l’ONU.

Le texte relève aussi le retard inédit enregistré dans la nomination des présidents et vice-présidents des organes subsidiaires du Conseil en 2025. Ces désignations n’ont été finalisées que le 29 mai, une situation qui, selon le rapport, a « considérablement entravé la capacité du Conseil à s’acquitter de son mandat ».

Pour de nombreux États membres, le débat annuel sur ce rapport constitue une occasion importante d’évaluer les performances du Conseil de sécurité et de renforcer sa responsabilité politique devant l’ensemble de l’Organisation. Toutefois, la participation à ces discussions demeure généralement limitée. En 2025, seize déclarations avaient été prononcées, dont une au nom du groupe ACT (Responsabilité, Cohérence et Transparence), une coalition de 27 États de petite et moyenne taille plaidant pour une amélioration des méthodes de travail du Conseil.

Lors de la réunion de vendredi, l’Équateur devrait s’exprimer au nom du groupe ACT. Plusieurs délégations devraient saluer les progrès accomplis pour rendre le rapport plus analytique tout en appelant à des améliorations supplémentaires. Parmi les pistes évoquées figurent une meilleure évaluation de la mise en œuvre des décisions du Conseil, une analyse plus approfondie de leurs effets sur le terrain ainsi qu’une plus grande transparence concernant les réunions informelles et le processus en cours de sélection du prochain secrétaire général des Nations unies.

Les interventions attendues devraient également réaffirmer la nécessité de renforcer la transparence du Conseil de sécurité, alors que les débats sur sa représentativité, son efficacité et son fonctionnement continuent d’occuper une place centrale dans les discussions sur la réforme du système multilatéral.