Haïti-violence : près de 1. 5 million …de déplacés internes et plus de 110.000 rapatriés forcés depuis le début de l’année, selon l’ONU…

WFP/Luc Junior Segur Un avion cargo affrété par le PAM est déchargé de ses 15 tonnes de fournitures médicales indispensables à l'aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince, en Haïti.

PORT-AU-PRINCE, vendredi 5 juin 2026 (RHINEWS) – La violence persistante en Haïti continue d’alimenter une crise humanitaire de grande ampleur, marquée par un nombre record de personnes déplacées à l’intérieur du pays et par l’arrivée de plus de 110.000 ressortissants haïtiens renvoyés de force depuis l’étranger depuis le début de l’année, selon les agences humanitaires des Nations unies.

Cette détérioration de la situation intervient alors que les communautés d’accueil et les sites de déplacés peinent déjà à répondre aux besoins croissants des populations affectées par l’insécurité et les déplacements forcés.

D’après les données citées par les organismes humanitaires, plus de 110.000 Haïtiens ont été expulsés ou rapatriés de force vers leur pays depuis janvier 2026. Parmi eux figurent de nombreuses femmes et de nombreux enfants.

À leur retour, une grande partie des personnes rapatriées se retrouvent sans ressources suffisantes et bénéficient d’un soutien limité. Beaucoup sont contraintes de rejoindre des communautés déjà fragilisées ou des zones affectées par les activités de groupes armés.

Les agences humanitaires soulignent également la forte proportion de personnes vulnérables parmi les rapatriés, notamment des enfants non accompagnés et des femmes enceintes. Ces derniers continuent d’être accueillis dans « des conditions précaires et souvent dangereuses, avec un accès limité aux services de base et à la protection ».

Dans les camps de déplacés et les communautés hôtes, les besoins humanitaires demeurent considérables. Les populations signalent notamment des pénuries importantes d’abris, de nourriture, d’eau potable, de soins de santé et de soutien psychosocial.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la situation pourrait encore se dégrader avec l’arrivée de la saison des ouragans dans l’Atlantique. L’organisation estime que les inondations et les phénomènes météorologiques extrêmes risquent d’aggraver davantage les conditions de vie des populations déplacées.

L’OIM avertit que ces événements climatiques pourraient avoir un impact particulièrement sévère sur les sites d’accueil surpeuplés, où de nombreuses familles vivent déjà dans des conditions très précaires.

Cette combinaison de violences armées, de déplacements massifs, de retours forcés et de vulnérabilité climatique continue d’exercer une pression croissante sur les capacités d’accueil et de réponse humanitaire en Haïti, alors que les besoins dépassent largement les ressources disponibles.