PORT-AU-PRINCE, vendredi 5 juin 2026 (RHINEWS)- Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (PFSDH) a exprimé sa préoccupation face aux tensions opposant le gouvernement de transition au Conseil Électoral Provisoire (CEP) autour du décret électoral adopté en Conseil des ministres, estimant que la situation pourrait accentuer la crise politique et compromettre l’organisation d’élections crédibles.
Dans un communiqué de presse, la Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens a dénoncé ce qu’elle qualifie de « bras de fer » entre l’Exécutif et le CEP, dans un contexte marqué par l’insécurité, l’emprise des groupes armés, les déplacements forcés de populations et une perte de confiance envers les institutions publiques.
Le parti estime que le gouvernement « vient de franchir une ligne rouge » en procédant à la nomination, par arrêté, d’un directeur général au sein du CEP alors qu’un directeur exécutif avait déjà été désigné par les membres du Conseil électoral.
Selon la Fusion, « une telle démarche constitue une immixtion directe de l’Exécutif dans le fonctionnement interne de l’institution électorale et porte atteinte au principe fondamental de l’indépendance du CEP ».
La formation politique considère qu’une intervention unilatérale dans l’organisation administrative de l’organisme électoral risque de fragiliser davantage le processus en cours. « Une intervention unilatérale dans l’organisation administrative du CEP ne peut que fragiliser le processus électoral, alimenter des querelles juridiques inutiles et ouvrir la voie à de nouvelles contestations », affirme-t-elle.
Le PFSDH met également en garde contre les conséquences d’un conflit prolongé entre les deux institutions. « Haïti ne peut pas se permettre, une fois de plus, des élections mal préparées, juridiquement contestables et politiquement rejetées », souligne le document.
Le parti appelle les autorités gouvernementales, le CEP, les partis politiques et les différents secteurs concernés à privilégier le dialogue. Il les exhorte à « faire taire leurs egos institutionnels » et à engager « immédiatement un dialogue franc, sincère et responsable » afin de parvenir à un consensus sur les règles devant encadrer le processus électoral.
La Fusion affirme que les priorités doivent demeurer « la transparence du processus, la viabilité des opérations électorales et l’organisation d’élections honnêtes, crédibles et inclusives ».
Dans son communiqué, le parti rappelle également qu’il dispose de propositions destinées à contribuer à la résolution de certaines difficultés liées à l’organisation des prochaines consultations électorales, notamment la question du nombre élevé de partis politiques appelés à y prendre part.
La formation politique réitère que le respect de l’indépendance du CEP, le rétablissement de la sécurité, la libre circulation des personnes et des biens ainsi que la tenue d’élections permettant aux citoyens de choisir librement leurs dirigeants constituent, selon elle, les conditions essentielles pour un retour à l’ordre démocratique.

