La Conférence haïtienne des religieux dénonce “un terrain d’entraînement pour la terreur” et appelle à un sursaut moral et national…

Vitelhomme Innocent, chef du gang Kraze Barye, Jimmy Barbecue Cherizier , chef de la federation des gangs G-an Fanmi e Alye, Izo du gang 5 seconde de Village de Dieu, Jeff, chef de gang de Canaan, Lanmo San Jou, chef du gang 400 Mawozo….

PORT-AU-PRINCE, 22 avril 2026 (RHINEWS)- La Conférence haïtienne des religieux (CHR) a dressé un constat alarmant de la situation en Haïti, dénonçant un climat de violence généralisée et appelant à une mobilisation nationale fondée sur la responsabilité, la solidarité et la foi. Dans un message adressé aux religieux, religieuses et aux « chrétiens de bonne volonté », l’organisation affirme que « notre terre gémit » et que « notre pays est devenu un terrain d’entraînement pour la terreur ».

Évoquant une crise humanitaire et sécuritaire profonde, la CHR souligne que « nos frères et sœurs, arrachés à leurs foyers, errent sans refuge », ajoutant qu’« en Haïti, la mort semble être devenue une règle de vie et la violence notre unique mot de passe ». Le message déplore également une dégradation morale, estimant que « le pauvre, image de Dieu, est désormais traité comme un élément gênant » et que le pays « court vers son déclin » en ne respectant « ni l’homme, ni Dieu, ni l’Église ».

Dans une dénonciation appuyée, la Conférence évoque « une volonté manifeste de transformer Haïti en un désert : un désert d’humanité, de structures et d’espoir ». Elle s’interroge sur les causes profondes de cette situation : « Comment peut-on en arriver à haïr sa propre terre au point de vouloir l’anéantir ? » et estime que « ce projet de désolation ne vient pas de Dieu, car Dieu nous a créés pour la vie ».

Face à cette crise, la CHR lance « un appel pressant à toutes les forces vives de la Nation », exhortant les dirigeants à « rechercher dans la bibliothèque de leur cœur la conscience citoyenne » et à ne pas bâtir leur réussite « au détriment des autres ». Elle invite également les intellectuels à « descendre sur le terrain de leurs cœurs » pour agir concrètement en faveur du bien commun.

S’adressant à la jeunesse, l’organisation appelle à résister aux dérives : « Ne vous laissez pas acheter pour gâcher votre propre vie », tout en exhortant éducateurs et chrétiens à témoigner « avec courage » et à faire du bien commun un principe fondamental de leurs actions.

Concluant son message sur une note d’espérance, la Conférence haïtienne des religieux invoque la foi et la prière, affirmant que « Haïti doit revivre. Haïti va ressusciter », et appelant à sortir « de ce désert de violence » pour retrouver « un avenir et de l’espérance ».