La carte de Trump provoque des protestations en Islande et au Mexique, tandis qu’Haïti et plusieurs États caribéens gardent le silence…

Donald Trump, President des EtatsUnis

PORT-AU-PRINCE, mercredi 9 septembre 2026 (RHINEWS)– La carte publiée par le président américain Donald Trump, représentant sous les couleurs et l’appellation des États-Unis le Canada, le Mexique, le Groenland, l’Islande, une partie de l’Amérique centrale et plusieurs territoires de la Caraïbe, suscite des réactions diplomatiques contrastées, avec des protestations officielles en Islande et au Mexique, tandis que plusieurs gouvernements directement concernés, dont ceux d’Haïti et de la République dominicaine, n’ont pas publiquement réagi à ce jour.

Publiée le 7 septembre sur le réseau social Truth Social sans commentaire explicatif, l’image présente un vaste espace géographique recouvert du drapeau américain et portant la mention « United States of America ». Elle englobe notamment le Canada, le Mexique, le Groenland, l’Islande, Cuba, une partie de l’Amérique centrale ainsi que plusieurs États et territoires de la Caraïbe.

La publication intervient dans un contexte déjà marqué par les déclarations répétées de Donald Trump sur l’avenir du Groenland et ses propos antérieurs sur le Canada, auquel il a plusieurs fois proposé le statut de « 51e État » américain. Elle intervient également alors que Washington exerce une pression croissante sur plusieurs gouvernements de l’hémisphère occidental.

L’Islande a été, jusqu’à présent, l’un des pays à réagir de la manière la plus formelle. La ministre islandaise des Affaires étrangères, Þorgerður Katrín Gunnarsdóttir, a convoqué l’ambassadeur des États-Unis à Reykjavik, Billy Long, afin de lui faire part du mécontentement de son gouvernement.

Le ministère islandais des Affaires étrangères a qualifié la publication de « complètement inappropriée ». La Première ministre Kristrún Frostadóttir a, de son côté, qualifié la publication de « ridicule » et estimé qu’elle constituait « une insulte aux Islandais, aux Canadiens et aux Groenlandais ».

La réaction islandaise est particulièrement significative, puisque le pays apparaît lui-même sur la carte comme intégré aux États-Unis. Reykjavik avait déjà été confronté à des propos controversés de responsables américains concernant une éventuelle transformation de l’Islande en État américain.

Au Mexique, la présidente Claudia Sheinbaum a également rejeté sans ambiguïté toute représentation de son pays comme faisant partie des États-Unis. Dans un message publié après la diffusion de la carte, elle a déclaré : « En ce mois de la patrie, nous réaffirmons que le Mexique n’est ni ne sera la colonie ou le protectorat d’aucun pays étranger. »

Interrogée le lendemain sur la publication américaine, la présidente mexicaine a renforcé sa position. « Face à toute puissance étrangère qui prétendrait pouvoir gouverner au Mexique, le peuple mexicain se mobiliserait toujours pour défendre sa souveraineté et son indépendance », a-t-elle déclaré.

Claudia Sheinbaum a également insisté sur la distinction entre coopération et subordination. « Nous collaborons avec les États-Unis, mais nous ne nous subordonnerons pas aux États-Unis. Nous ne voulons aucune forme d’ingérence étrangère au Mexique », a-t-elle affirmé.

Le Danemark, directement concerné par la représentation du Groenland, a également réaffirmé sa position contre toute intégration du territoire autonome aux États-Unis. La Première ministre Mette Frederiksen a rappelé que les Groenlandais avaient déjà exprimé à plusieurs reprises leur opposition à une telle perspective.)

Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, a pour sa part jugé la publication « inappropriée ». Cette réaction s’inscrit dans une crise plus large entre Copenhague et Washington autour des ambitions américaines concernant le Groenland.

Le Groenland lui-même est au cœur de cette controverse. Son inclusion dans la carte américaine intervient alors que les autorités groenlandaises et danoises ont maintes fois rejeté l’idée d’un transfert de souveraineté aux États-Unis. L’Union européenne a parallèlement annoncé un renforcement de son partenariat avec le Groenland, notamment à travers un programme d’investissement de 200 millions d’euros pour 2026-2027.

Au Canada, la publication intervient dans un climat déjà particulièrement tendu avec Washington. Le gouvernement du Premier ministre Mark Carney continue de rejeter l’idée que le Canada puisse devenir le 51e État américain. Ottawa n’a toutefois pas, dans les informations publiques vérifiées concernant spécifiquement cette carte, annoncé une mesure diplomatique comparable à celle prise par Reykjavik.

La réponse canadienne s’inscrit plutôt dans une confrontation plus large avec Washington. Le gouvernement de Mark Carney a notamment imposé le 8 septembre des droits de douane de représailles sur environ 20 milliards de dollars américains de produits américains, après de nouvelles mesures commerciales décidées par l’administration Trump.

La publication américaine concerne également Cuba, dont le territoire apparaît sous les couleurs américaines, ainsi que plusieurs pays d’Amérique centrale et de la Caraïbe. Toutefois, les recherches effectuées ne permettent pas, à ce stade, d’attribuer à chacun de ces gouvernements une protestation officielle directement liée à la carte.

Cette distinction est particulièrement importante dans le cas de la Caraïbe. Haïti apparaît sur la représentation américaine, mais aucune réaction officielle du gouvernement haïtien n’a été identifiée à ce jour dans les informations publiques consultées. Aucun communiqué du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ou du ministère haïtien des Affaires étrangères condamnant explicitement la carte n’a été retrouvé.

La même prudence s’impose pour la République dominicaine, également représentée dans le périmètre couvert par la carte américaine. Malgré les réactions et commentaires suscités dans le pays, aucune déclaration officielle clairement attribuable à la présidence dominicaine ou au ministère des Affaires étrangères et portant spécifiquement sur cette publication n’a été identifiée dans les sources consultées.

La Jamaïque et les Bahamas, eux aussi représentés dans la zone couverte par la carte, ne semblent pas avoir publié, à ce stade, de réaction gouvernementale officielle spécifiquement consacrée à cette publication.

La situation est comparable pour plusieurs pays d’Amérique centrale apparaissant sur la carte. Il convient donc de ne pas assimiler les réactions de responsables politiques, d’analystes ou de médias à des prises de position officielles des gouvernements concernés.

La France est également directement concernée par la représentation de plusieurs de ses territoires ultramarins de la Caraïbe, notamment la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. La carte américaine englobe également Saint-Pierre-et-Miquelon dans l’espace nord-américain. Toutefois, aucune déclaration officielle française spécifiquement consacrée à cette publication n’a été identifiée dans les sources vérifiées.

Au-delà des réactions nationales, la controverse intervient dans un contexte de préoccupations européennes plus larges concernant la souveraineté territoriale et la sécurité dans l’Arctique. Le renforcement des relations entre l’Union européenne, le Danemark et le Groenland apparaît notamment comme une réponse politique à la pression américaine sur le territoire autonome danois.

La carte publiée par Donald Trump ne constitue en elle-même ni un acte juridique d’annexion ni une modification des frontières internationalement reconnues. Aucun élément accompagnant la publication ne permet d’établir que le président américain entendait annoncer formellement une revendication territoriale sur l’ensemble des pays et territoires représentés.

Elle intervient néanmoins après plusieurs déclarations de Trump concernant l’expansion de l’influence américaine dans l’hémisphère occidental, notamment sur le Canada et le Groenland. Sa diffusion a ainsi été interprétée par plusieurs gouvernements et observateurs comme une nouvelle manifestation d’une vision plus affirmée du rôle des États-Unis dans leur environnement régional.

Pour l’heure, le contraste est donc net entre les pays ayant choisi de répondre publiquement et ceux qui observent le silence. L’Islande a engagé une démarche diplomatique formelle, le Mexique a réaffirmé avec force son indépendance et sa souveraineté, tandis que le Danemark et les autorités groenlandaises maintiennent leur opposition à toute intégration du Groenland aux États-Unis. Le Canada demeure opposé à l’idée d’une absorption par les États-Unis, dans un contexte de confrontation commerciale, mais n’a pas annoncé de protestation spécifique contre cette carte.

Dans la Caraïbe, en revanche, Haïti, la République dominicaine, la Jamaïque et les Bahamas n’ont pas, à ce stade, officiellement réagi à la représentation de leurs territoires sous les couleurs américaines, tandis qu’aucune réaction française spécifique à la carte n’a été identifiée concernant les territoires français concernés.