Kenscoff : “Nous ne céderons pas à la peur” déclare le maire Jean Massillon face à la persistance des gangs…

Jean Massillon, Maire de Kenscoff...

KENSCOFF, (Haïti), mardi 4 novembre 2025 (RHINEWS)- Le maire de Kenscoff, Jean Massillon, a affirmé mardi au Réseau Haïtien de l’Information (RHINEWS) que la commune montagneuse garde un “calme apparent” au centre-ville, tout en soulignant que plusieurs zones restent toujours sous la menace et l’occupation de membres de l’organisation terroriste“Viv Ansanm”, neuf mois après leur incursion meurtrière dans la région. Il a appelé à la poursuite des opérations de démantèlement et au soutien des autorités nationales pour permettre aux familles déplacées de rentrer chez elles.

« Pour le moment il y a un calme apparent au centre-ville de Kenscoff, mais les bandits occupent toujours des espaces au niveau des sections communales : Bongars, Sourcailles, une partie de Nouvelle-Touraine, sans oublier qu’ils mènent encore parfois des actions à Gélin, zone faisant partie de 4ème Belle Fontaine, ainsi qu’à Zoranger et Dupin », a déclaré l’édile. « À neuf mois et sept jours, la population ne veut qu’une seule chose : la poursuite des opérations de démantèlement de ces gangs armés ainsi que l’accompagnement des autorités afin qu’ils puissent retourner chez eux. »

Depuis l’assaut du gang “Viv Ansanm” contre Kenscoff au début de l’année, des dizaines de familles ont été contraintes de fuir leurs maisons, des commerces incendiés et des actes de violences armées signalés dans plusieurs localités rurales. Des habitants organisés en brigades de vigilance avaient alors tenté de résister, au prix de plusieurs morts et blessés. Des unités de la Police nationale d’Haïti (PNH) avaient ensuite mené des opérations dans la zone, permettant un retour progressif de l’ordre dans le centre urbain, mais de vastes secteurs montagneux demeurent instables.

Le maire se dit déterminé à poursuivre la coordination locale avec les forces de sécurité. « Je continuerai à me battre aux côtés des autorités policières pour la libération totale de la commune. Nous ne cédons pas à la peur ni aux menaces venant des criminels et d’autres secteurs », a-t-il affirmé, avant de réclamer le renforcement des capacités opérationnelles. « La Task Force, l’armée d’Haïti, la police doivent se mettre ensemble afin d’éradiquer ce phénomène. Je continue à réclamer justice et réparation pour toutes les victimes. »

Alors que les écoles, banques et institutions publiques fonctionnent au centre-ville, la situation demeure critique dans les zones rurales, où les habitants vivent encore dispersés, sans accès normal aux terres agricoles, aux maisons et aux services. « Le problème est au niveau des sections communales, donc les perspectives pour les fêtes de fin d’année passent d’abord par la résolution de ce problème, qui reste notre seule priorité », a insisté M. Massillon.

Le maire indique également que la commune ambitionne de lancer des programmes civiques et économiques, notamment “un vaste programme de nettoyage dans certains endroits” et un plan de “redressement économique à travers les sections communales afin de supporter les familles en situation difficile, puisqu’elles ont perdu tout ce qu’elles avaient travaillé pendant des années”.

Dans l’attente d’un rétablissement total de la sécurité, les autorités locales appellent à une collaboration renforcée avec la PNH, les Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et les instances gouvernementales, tandis que les populations rurales espèrent un retour rapide chez elles après des mois d’insécurité, de déplacements et de pertes matérielles importantes.