WASHINGTON, mardi 4 novembre 2025 (RHINEWS)- L’ancien vice-président américain Dick Cheney est décédé à l’âge de 84 ans des suites de complications d’une pneumonie et de pathologies cardiaques et vasculaires, a annoncé sa famille. Figure parmi les plus puissantes et controversées de l’histoire récente des États-Unis, il a redéfini le rôle du vice-président sous George W. Bush (2001-2009) et fut un architecte majeur de la « guerre contre le terrorisme », notamment de l’invasion de l’Irak en 2003. Selon The Washington Post, la mort est survenue le lundi 3 novembre 2025.
Né en 1941, Cheney a servi comme chef de cabinet de la Maison Blanche sous Gerald Ford, représentant du Wyoming à la Chambre, secrétaire à la Défense durant la guerre du Golfe (1991), puis vice-président pendant deux mandats aux côtés de George W. Bush. Sa marque sur la sécurité nationale — défense d’outils de surveillance sans mandat et de « techniques d’interrogatoire renforcées » — a façonné la politique américaine au lendemain du 11-Septembre tout en nourrissant une forte polarisation.
Dans un hommage officiel, l’ex-président George W. Bush a salué « une perte pour la nation » et rappelé « l’homme décent et honorable » qu’il considérait comme « parmi les plus grands serviteurs de sa génération ». « J’ai compté sur lui pour ses conseils francs et son calme dans les épreuves », a-t-il écrit. La famille Cheney a, de son côté, décrit « un grand homme » qui a appris aux siens « le courage, l’honneur, l’amour, la bonté et la pêche à la mouche », soulignant des décennies de service public.
Les réactions ont afflué aux États-Unis comme à l’international. Le président d’Israël, Isaac Herzog, a présenté ses condoléances en rendant hommage à « un grand ami et soutien indéfectible de l’État d’Israël ». Au Wyoming, les élus républicains ont salué un « géant » de la vie publique : le sénateur John Barrasso a écrit que son « leadership inébranlable » a « façonné de grands moments de la politique intérieure et étrangère », tandis que la sénatrice Cynthia Lummis a évoqué « une vie au service de l’État et de la nation ».
D’anciens responsables républicains ont également exprimé leur respect : l’ex-vice-président Mike Pence a loué un « patriote américain » défenseur d’une posture de force pour la sécurité des États-Unis. Mais les hommages ont côtoyé de vives critiques : des responsables et militants progressistes ont dénoncé un héritage entaché par la guerre d’Irak et les abus de l’ère post-11-Septembre, certains allant jusqu’à le qualifier de « criminel de guerre ».
Plus tôt dans la journée, certains médias soulignaient qu’aucune déclaration officielle de la Maison Blanche n’avait encore été publiée, dans un contexte où Cheney s’était publiquement opposé à Donald Trump et avait soutenu la candidature de Kamala Harris en 2024, un choix qui avait accru les divisions autour de sa figure.
Au-delà des controverses, les notices nécrologiques rappellent une carrière de plusieurs décennies, de la Maison Blanche de Nixon et Ford à la vice-présidence, en passant par le Pentagone et un passage dans le secteur privé chez Halliburton. La plupart s’accordent à dire qu’il restera l’un des vice-présidents les plus influents de l’histoire américaine contemporaine — une influence qui continuera d’alimenter analyses et débats.

