CAP-HAÏTIEN, dimanche 11 janvier 2026 (RHINEWS)- L’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, a dénoncé ce qu’il qualifie de « gouvernance du chaos » en Haïti, estimant que l’action récente des autorités dans le Nord illustre à la fois l’effritement de l’État et l’absence de légitimité du pouvoir en place, selon une prise de position rendue publique samedi.
Selon Hugues Célestin, la décision de la délégation départementale du Nord d’ordonner la libération des voies publiques et des canaux d’évacuation au Cap-Haïtien répond à une urgence réelle liée à la dégradation environnementale et aux risques d’inondation. Il affirme que, « dans un État normal, une telle opération relèverait d’une politique urbaine cohérente, accompagnée de concertation, de mesures sociales et d’un discours pédagogique au nom de l’intérêt général ».
L’ex-parlementaire estime toutefois que cette opération a rapidement « basculé dans une démonstration brute de force » en raison, selon lui, du déficit de légitimité de l’autorité publique. Il fait référence à un incident impliquant un contrevenant interpellé par les forces de l’ordre et à des violences attribuées au commissaire de police. « La gifle et le coup de pied portés par le commissaire ne rétablissent rien et confondent autorité et brutalité », affirme Hugues Célestin, y voyant « un pouvoir erratique, contraint de s’affirmer par la force ».
Selon Célestin, cet épisode révèle plus largement « l’absence réelle de l’État » et les « failles structurelles » du système politique actuel. À l’approche de l’échéance du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), il estime que les membres de cet organe et le gouvernement « s’agitent pour préserver leurs privilèges et l’appui de leurs parrains internationaux », au détriment, selon lui, d’une rupture avec la dépendance extérieure.
L’ancien député critique également la gestion sécuritaire du pays, affirmant que la lutte contre les gangs est réduite à des « slogans sans contenu ». Selon lui, « la gangstérisation est devenue un rouage du système », servant tour à tour d’outil de contrôle, de justification à l’ingérence étrangère ou de mécanisme de gestion de territoires abandonnés. Il ajoute que la corruption constitue « le ciment » de ce système, assurant loyautés et silences.
Dans sa déclaration, Hugues Célestin affirme que les voix critiques du CPT ont été marginalisées dès le début de la transition. « Ce qui était présenté comme excessif apparaît aujourd’hui comme une lecture lucide du réel », soutient-il, estimant que « le déchouquage du CPT n’était pas un slogan, mais une nécessité politique ».
Selon Célestin, toute sortie de crise crédible suppose désormais une « rupture nette » avec le pouvoir actuel. Il appelle à de larges consultations nationales, y compris au sein de la diaspora, en vue de la mise en place d’un « gouvernement de salut public ». Il va plus loin en considérant que, face à ce qu’il décrit comme un pouvoir illégitime, « l’insurrection politique consciente et planifiée » devient, selon ses termes, « une exigence historique », tout en soulignant que celle-ci devrait être organisée et guidée par un projet politique structuré.

