PORT-AU-PRINCE, dimanche 11 janvier 2026 (RHINEWS)- L’Office de la Protection du citoyen (OPC) a annoncé avoir été saisi par un groupe de citoyens du Cap-Haïtien à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux et par des chaînes de télévision du Grand Nord, de vidéos montrant des faits survenus lors d’une opération spéciale menée par les autorités locales dans cette juridiction.
Selon l’OPC, une analyse préliminaire des images « met en évidence des comportements graves impliquant des autorités judiciaires et administratives ». Dans un premier extrait, un citoyen déjà maîtrisé par des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), immobilisé au sol et ne représentant « aucun danger », est victime de violences physiques, notamment des gifles et des coups de pied, qui « auraient été perpétrés par le commissaire du gouvernement de la juridiction du Cap-Haïtien ».
Un second extrait montre, d’après l’Office, une jeune femme qui s’adresse « de manière respectueuse » aux autorités dans le cadre de l’opération et qui reçoit « soudainement un violent coup à la gorge » de la part d’un individu armé accompagnant les autorités, alors qu’elle « ne constituait aucune menace » et que les forces présentes étaient assistées d’agents de la PNH.
Tout en rappelant que les autorités légalement habilitées disposent du droit d’exécuter des décisions de justice ou des mesures administratives, l’OPC « condamne fermement ces actes, qui portent atteinte à la dignité humaine, aux droits fondamentaux et aux principes de l’État de droit ».
En conséquence, l’Office appelle la Présidence de la République et le gouvernement à « prendre toutes les mesures appropriées, tant administratives que disciplinaires », afin de prévenir la répétition de tels agissements et de garantir le respect des droits et libertés fondamentales des citoyens.
L’OPC rappelle par ailleurs que les citoyens ont le droit d’exprimer leurs opinions et de revendiquer leurs droits par des manifestations, des pétitions et d’autres formes d’actions collectives pacifiques, des droits « consacrés par la Constitution haïtienne et les instruments internationaux relatifs aux droits humains », même si leur exercice demeure « parfois compromis dans la pratique ».
L’Office de la Protection du citoyen réaffirme enfin son engagement à « défendre les droits des citoyens » et à œuvrer en faveur du respect de l’État de droit en Haïti.

