PORT-AU-PRINCE, vendredi 29 mai 2026 (RHINEWS)- Himmler Rébu, dirigeant du Grand Rassemblement pour l’Évolution d’Haïti (GREH), a annoncé que son organisation ne participera pas aux prochaines élections envisagées dans le cadre de la transition en Haïti, dénonçant un processus qu’il juge inadapté au contexte actuel du pays.
Dans une prise de position intitulée « Pas aux élections des filous-fuyards », publiée le 28 mai 2026 sous la forme d’une « Perplexité no 34 », Himmler Rébu critique sévèrement les autorités haïtiennes, qu’il accuse de déni face à la dégradation de la situation sécuritaire et institutionnelle.
L’ancien secrétaire d’État à la Sécurité publique affirme que « des gens sont massacrés par centaines » tandis que « nos pseudos chefs répondent par le déni silencieux ». Il évoque également ce qu’il décrit comme une fuite des responsables publics face à la progression des groupes armés dans plusieurs zones de la capitale.
« Les bandits ont pris le Bicentenaire, le Premier ministre se réfugie à la résidence », écrit-il, ajoutant que les citoyens « ne savent plus où trouver les serviteurs de l’État contraints de suivre leurs fuyards de chefs ».
Le leader du GREH estime que cette situation traduit une « culture du déni et de la fuite » qui, selon lui, s’est accentuée après le séisme du 12 janvier 2010. Il cite notamment l’abandon du projet de reconstruction du Palais national, rappelant que « seul l’infortuné Jovenel Moïse avait posé le problème de la reconstruction du palais national ».
Abordant la question électorale, Himmler Rébu soutient que les autorités continuent de proposer « la même solution qui ne marche pas » face à l’insécurité depuis plusieurs années.
« On voudrait que le GREH s’engage dans ces élections-là ! Pourquoi cautionner le désordre à venir ? », interroge-t-il.
Le dirigeant politique affirme que le GREH privilégie une autre approche pour la refondation de l’État, reposant notamment sur une conférence nationale, des modifications constitutionnelles, le rétablissement de la sécurité et ensuite l’organisation d’élections.
Selon lui, cette démarche figurait dans l’accord du 3 avril, mais aurait été abandonnée par les autorités de transition. Il accuse également les membres du Conseil présidentiel de transition d’avoir « louvoyé pendant 22 mois ».
Himmler Rébu critique par ailleurs certaines discussions relatives à des changements constitutionnels et à la réforme du système des partis politiques. Il affirme que les autorités cherchent à contourner les mécanismes prévus par la loi, notamment concernant les exigences de représentativité des partis.
« On va s’inscrire pour les élections : bandes de rara, se pointent les mêmes délinquants qui ont créé le chaos que nous vivons et, on espère avoir des institutions différentes comme produit de ces élections-là », écrit-il.
Le GREH, poursuit-il, refuse de « prendre la fuite » et entend « se mettre du côté des principes, de la loi et de la logique ».
Dans son texte, Himmler Rébu appelle également les citoyens à ne pas rester silencieux face à la situation du pays. « Seuls le silence et la non-implication des bons citoyens peuvent nous faire rater la 4e phase de cette transition qui n’en finit pas », soutient-il.

