Haïti/Politique : l’Initiative du 24 Avril appelle à une mobilisation nationale face à « l’effondrement » de l’État…

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PORT-AU-PRINCE, 28 juin 2026 (RHINEWS) – L’Initiative du 24 Avril a lancé un appel à une mobilisation nationale immédiate, affirmant que la situation en Haïti est marquée par un « effondrement » de l’État et une aggravation continue de la crise sécuritaire, humanitaire, institutionnelle et sociale, selon un communiqué publié dimanche.

L’organisation dit exprimer sa « profonde inquiétude » face à une crise multidimensionnelle qui, selon elle, plonge le pays dans une situation sans précédent. « Notre pays n’avait jamais connu une telle combinaison d’insécurité généralisée, de déliquescence des institutions, de détresse humanitaire et de perte de confiance envers les autorités publiques », indique le communiqué.

L’Initiative du 24 Avril estime que les vingt-deux mois de gouvernance écoulés ont été marqués par « l’improvisation, l’absence de vision et l’inefficacité ». Elle affirme qu’une partie importante du territoire est sous le contrôle de groupes armés et évoque « des exécutions de masse, des massacres, des enlèvements, des violences contre les femmes et les enfants » ainsi que des milliers de victimes et de déplacés. Selon elle, cette situation « dépasse désormais le cadre d’une simple crise sécuritaire » et « menace l’existence même de l’État ».

Le regroupement soutient également que la crise humanitaire continue de s’aggraver, rappelant que des millions d’Haïtiens dépendent désormais de l’aide d’urgence et que l’insécurité alimentaire progresse parallèlement aux déplacements massifs de population. Il exprime en outre son inquiétude concernant les conséquences du rapatriement annoncé de nombreux bénéficiaires du Statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis, estimant que cette mesure pourrait « aggraver davantage la catastrophe humanitaire ».

L’organisation affirme sa solidarité avec les ressortissants haïtiens concernés par ces mesures migratoires et appelle les autorités compétentes à « prendre pleinement en compte la gravité exceptionnelle de la situation en Haïti dans toute décision les concernant ».

Le communiqué évoque également les difficultés du système de santé, citant le dysfonctionnement de l’État, la fermeture de plusieurs établissements hospitaliers, dont l’Hôpital de l’Université d’État d’Haïti, ainsi que les entraves à la circulation provoquées par la fermeture des principaux axes routiers et de l’aéroport international. Selon l’Initiative du 24 Avril, cette situation compromet le droit à la santé et à la libre circulation.

Le mouvement condamne par ailleurs les violences visant les étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie, estimant qu’elles traduisent « une inquiétante remise en cause des libertés publiques, notamment de la liberté d’expression ».

Sur le plan politique, l’Initiative du 24 Avril considère que le Conseil électoral provisoire « ne présente pas aujourd’hui les garanties nécessaires pour conduire des élections susceptibles d’être acceptées par l’ensemble de la Nation », en raison, selon elle, d’un manque d’indépendance et de crédibilité.

Le regroupement affirme également que les erreurs commises depuis le 7 février 2026 « n’ont fait qu’aggraver la crise » et appelle à la mise en place d’« une gouvernance responsable, compétente, transparente et capable de produire des résultats ».

Réaffirmant une proposition déjà formulée au début de la transition, l’organisation préconise un exécutif bicéphale composé d’un président issu de la Cour de cassation, présenté comme garant de la neutralité de l’État, et d’un Premier ministre chargé de conduire l’action gouvernementale. Elle estime que cette formule permettrait de « renforcer la légitimité des institutions, l’équilibre des pouvoirs et la confiance de la population ».

L’Initiative du 24 Avril soutient qu’« aucune transition ne peut réussir sans institutions fortes, sans mécanismes efficaces de contrôle, sans partage équilibré des responsabilités et sans une véritable culture de redevabilité ». Elle ajoute que « l’avenir d’Haïti ne peut dépendre de la seule volonté de dirigeants dépourvus de vision ».

Enfin, le mouvement appelle la communauté internationale à reconnaître « que le peuple haïtien aspire avant tout à vivre libre, en sécurité et dans la dignité » et invite les partenaires étrangers à accompagner les forces nationales « dans le respect de la souveraineté nationale ». Il conclut en lançant un appel à la mobilisation de la population autour « d’un projet de refondation nationale fondé sur la compétence, l’intégrité, le dialogue et la primauté de l’intérêt général ».