Canada–CARICOM : appel à un renforcement urgent du dispositif sécuritaire en Haïti et soutien renouvelé à la Force de répression des gangs…

Les drapeaux du Canada e de la CARICOM…

PANAMA CITY, lundi 29 juin 2026 (RHINEWS)- La réunion du Groupe des ministres des Affaires étrangères Canada-CARICOM, tenue le 26 juin 2026 à Panama City en marge de l’Assemblée générale de l’Organisation des États américains (OEA), a été marquée par de fortes préoccupations concernant la situation en Haïti, considérée comme un facteur de déstabilisation régional majeur, selon le résumé conjoint publié le 27 juin 2026.

Présidée par la ministre canadienne des Affaires étrangères Anita Anand et le ministre barbadien Christopher Sinckler, au nom de la présidence du Conseil des relations extérieures et communautaires de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la rencontre a réaffirmé la volonté des partenaires de renforcer leur coopération dans le cadre du partenariat stratégique Canada-CARICOM, structuré autour de trois axes principaux : la résilience économique, l’action climatique et la sécurité régionale.

Les ministres ont souligné que les défis sécuritaires régionaux, notamment le crime organisé transnational, les flux illicites d’armes et de drogues, ainsi que les migrations irrégulières, sont désormais étroitement liés à la dégradation de la situation en Haïti. « Les défis de sécurité de la région sont de plus en plus interconnectés », ont-ils estimé, appelant à des réponses globales incluant la sécurité maritime, la résilience cybernétique et le partage de renseignements.

La situation haïtienne a occupé une place centrale dans les discussions. Les ministres ont exprimé leur préoccupation face à la persistance de la crise politique, sécuritaire et humanitaire en Haïti, dont les effets s’étendent à l’ensemble de la région, notamment à travers l’augmentation du trafic de drogue et d’armes. Ils ont réaffirmé leur soutien au déploiement et au renforcement de la Force de suppression des gangs (GSF), qu’ils considèrent comme un instrument essentiel pour aider les autorités haïtiennes à rétablir la sécurité.

Les participants ont également appelé à un renouvellement rapide du mandat de cette force au Conseil de sécurité des Nations unies « au début de l’automne », tout en saluant les premières opérations déjà réalisées, y compris les déploiements en matière de commandement, de formation et de renforcement des capacités sur le terrain. Selon le communiqué, ces efforts visent à appuyer une réponse sécuritaire plus structurée dans un contexte d’effondrement institutionnel partiel en Haïti.

Sur le plan politique, les ministres ont réaffirmé le principe selon lequel « les Haïtiens ont le droit de choisir leur propre gouvernement » et ont exprimé leur soutien aux autorités de transition dans la préparation d’élections crédibles « dans les plus brefs délais ». Ils ont insisté sur la nécessité de restaurer la confiance publique à travers la lutte contre la corruption et l’impunité, notamment via la mise en œuvre rapide de deux unités judiciaires spécialisées destinées à renforcer le système judiciaire haïtien.

Les discussions ont également porté sur la préparation d’une consultation élargie consacrée à Haïti en marge de la prochaine Assemblée générale des Nations unies, afin d’examiner des actions collectives à court et à long terme. Cette initiative vise à coordonner les positions internationales face à une crise jugée durable et multidimensionnelle.

Au-delà du dossier haïtien, les ministres ont réitéré leur engagement à renforcer la coopération économique et climatique, en soulignant les liens entre croissance, sécurité énergétique et résilience face aux chocs externes. Ils ont notamment évoqué la nécessité d’améliorer l’accès au financement concessionnel pour les petits États insulaires en développement et de réformer l’architecture financière internationale afin de mieux prendre en compte leur vulnérabilité structurelle.

Plusieurs responsables des Caraïbes et du Canada ont participé à la rencontre, ainsi que des représentants de la CARICOM et de divers États membres, confirmant la volonté d’assurer un suivi opérationnel du plan d’action renouvelé du partenariat stratégique.

Enfin, les ministres ont convenu de maintenir l’élan de coopération en chargeant leurs hauts fonctionnaires de finaliser les détails du plan d’action et de préparer un dialogue de haut niveau prévu à l’automne, destiné à évaluer la mise en œuvre des engagements, notamment ceux liés à la sécurité régionale et à la stabilisation d’Haïti.