PORT-AU-PRINCE, mardi 3 novembre 2026 (RHINEWS)- Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, conteste le nouveau calendrier du Conseil électoral provisoire (CEP), estimant que le report des élections au 18 juillet 2027 ne garantit pas la création des conditions nécessaires à leur tenue. Il dénonce l’inaction des autorités face à l’insécurité et appelle les forces engagées contre les groupes armés à protéger les populations civiles.
« Rien ne garantit que, d’ici au 18 juillet, les conditions minimales nécessaires à l’organisation des élections seront réunies », affirme-t-il. Tout en reconnaissant les efforts du CEP, il juge ce calendrier peu réaliste au regard de la situation du pays et de l’absence, selon lui, de résultats concrets de la part du pouvoir.
Pierre Espérance rappelle que les échéances électorales ont été successivement repoussées. Il évoque une première date fixée au 30 août, puis celle du 13 décembre 2026, avant ce nouveau report. À ses yeux, ces changements répétés entretiennent la défiance envers les dirigeants et prolongent une transition dont le pays ne parvient pas à sortir depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse.
« Ce n’est pas sérieux », déclare le responsable du RNDDH, qui accuse les autorités de chercher à conserver le pouvoir aussi longtemps que possible pour bénéficier des privilèges liés à leurs fonctions, sans fournir en retour les services attendus par la population.
Il qualifie le pouvoir en place d’« extrêmement nul » et lui reproche de ne répondre ni aux aspirations ni aux besoins des Haïtiens. Il critique notamment les déplacements de certains ministres qui, selon ses déclarations, passeraient au moins trois semaines à l’étranger pour justifier des indemnités de mission.
« Le pays souffre de la violence, de l’insécurité et des gangs de Viv Ansanm, pendant que le pouvoir prend du plaisir sans apporter de réponses aux citoyens », dénonce-t-il. Selon lui, la conduite des affaires publiques ne témoigne pas d’une volonté réelle d’organiser des élections crédibles permettant de mettre fin à la transition.
Sur le plan sécuritaire, Pierre Espérance salue la présence de forces internationales, particulièrement celle des militaires salvadoriens, appelées à appuyer la Police nationale d’Haïti et les autres forces déployées sur le terrain contre les groupes armés.
Il évoque l’enlèvement de quatre militaires salvadoriens et affirme qu’ils auraient été tués. Cette affirmation n’est accompagnée, dans les déclarations rapportées, d’aucun élément permettant de confirmer leur sort.
Le directeur exécutif du RNDDH estime que les forces de sécurité sont désormais « dos au mur » et doivent agir pour rétablir la sécurité. Il appelle à poursuivre les membres des groupes armés et à les mettre hors d’état de nuire.
« S’ils décident de déposer les armes et de se livrer à la justice, c’est une bonne chose », déclare-t-il. Il ajoute qu’il ne regretterait pas la mort de membres de gangs qui opposeraient une résistance armée aux forces de l’ordre, tout en insistant sur la nécessité d’encadrer rigoureusement les interventions.
« Les opérations doivent être menées avec beaucoup de précautions pour éviter de faire des victimes civiles », souligne Pierre Espérance. Il demande aux forces engagées sur le terrain de prendre les dispositions nécessaires pour prévenir les pertes parmi les habitants des quartiers concernés.
Il insiste sur le fait que vivre dans une zone contrôlée par un groupe armé ne signifie pas participer à ses activités ni en être complice. Selon lui, une grande partie de ces habitants sont pris en otage par les gangs, qui les utilisent comme « boucliers humains » lors des interventions des forces de sécurité.
Pierre Espérance appelle ainsi à conjuguer le rétablissement de la sécurité et la préparation d’élections crédibles. Il souhaite que les citoyens puissent de nouveau circuler normalement, que les enfants et les étudiants retrouvent leurs établissements et que la population puisse accéder sans entrave aux marchés et aux soins de santé.

