PORT-AU-PRINCE, samedi 17 octobre 2026 (RHINEWS) – L’organisation sociopolitique LAVI appelle à rétablir l’autorité de l’État dans les zones touchées par la violence et à créer les conditions d’élections libres, honnêtes, inclusives et démocratiques, dans une note publiée à l’occasion du 220e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines.
Signé par Nènel Cassy, économiste, ancien sénateur et leader national de LAVI, le document demande de faire de la sécurité une priorité nationale. Il préconise la protection des citoyens, l’accompagnement des personnes déplacées et la mise en place des conditions nécessaires à leur retour volontaire, sûr et digne dans leurs communautés.
« Sans sécurité, sans justice et sans institutions crédibles, la démocratie demeure une promesse inachevée », affirme l’organisation. Elle souligne également que les victimes doivent pouvoir obtenir justice et, lorsque cela est approprié, réparation, dans le respect des procédures légales.
La note, datée du 17 octobre à Port-au-Prince et portant une mention finale de signature à Miragoâne le 16 octobre 2026, présente la commémoration de l’assassinat de Dessalines comme une occasion de réfléchir aux divisions nationales et aux responsabilités envers les générations présentes et futures.
« Honorer Dessalines, c’est aussi poursuivre son combat pour la liberté, la dignité et la souveraineté nationale », écrit LAVI. L’organisation rappelle son rôle dans le rassemblement des différentes composantes de la société autour de la lutte pour l’indépendance et appelle à rejeter les discours opposant les Haïtiens les uns aux autres.
« L’unité qui nous a conduits à l’indépendance ne doit pas devenir la victime de nos différences », poursuit-elle, en plaidant pour la justice, la solidarité et le respect mutuel.
Pour illustrer la gravité de la crise, LAVI avance que, sur une population estimée à environ 12 millions d’habitants, quelque 6,4 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire, soit environ 53,3 % de la population. Elle évoque également environ 1,5 million de personnes déplacées et près de 5,4 millions d’Haïtiens confrontés à de graves difficultés d’accès à l’alimentation.
Sur le plan économique, l’organisation fait état d’un recul du produit intérieur brut de 2,7 % en 2025 et d’une contraction projetée de 1,7 % en 2026. Elle mentionne une inflation moyenne de 28,3 % en 2025, avec une projection de 23,5 % pour 2026, ainsi qu’une croissance démographique d’environ 1,1 % en 2025. Le communiqué ne précise pas les sources de ces données.
« Aucune nation ne peut prétendre à la dignité lorsque ses enfants sont abandonnés à la peur, à la faim et au désespoir », déclare LAVI, qui réclame une réponse nationale « cohérente, urgente et responsable ».
L’organisation estime que l’aide internationale peut être nécessaire, mais qu’elle ne saurait remplacer la mobilisation des ressources nationales, le travail, l’investissement et une gouvernance responsable. Elle appelle à soutenir l’agriculture, l’industrie et l’entrepreneuriat, tout en plaçant l’intérêt général au-dessus des ambitions personnelles et des calculs politiques.
« Le salut d’Haïti ne viendra pas de l’assistance seule, mais de notre capacité à nous relever et à construire ensemble », soutient-elle.
LAVI plaide aussi pour des investissements dans l’éducation, la formation professionnelle, la recherche, l’innovation et l’accès aux outils numériques. Selon les chiffres cités dans sa note, environ 48 % de la population haïtienne utilisait Internet en 2024.
« Haïti ne doit pas seulement rattraper son retard : elle doit préparer sa jeunesse à participer pleinement au monde de demain », affirme l’organisation. Elle propose de mettre les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle au service de l’amélioration des services publics, de la modernisation agricole, du soutien aux entreprises et de la création de possibilités pour les jeunes, en tenant compte des populations les plus vulnérables.
La situation de la jeunesse occupe également une place importante dans le document. LAVI évoque la peur, le chômage, la précarité et le manque de perspectives qui poussent certains jeunes à chercher des possibilités à l’étranger. Elle demande une éducation de qualité, des formations adaptées, des emplois, des espaces d’innovation et une participation effective à la vie publique.
« Notre jeunesse ne doit pas être condamnée à choisir entre l’exil et le désespoir », souligne-t-elle.
L’organisation appelle enfin les responsables politiques, les institutions publiques, le secteur privé, les organisations de la société civile et les organisations populaires, les universitaires, les travailleurs et la diaspora à participer à une démarche nationale fondée sur le dialogue et l’action. Elle réclame des engagements concrets et une gestion transparente des ressources publiques.
« Le moment n’est plus aux divisions stériles, mais à la responsabilité, au rassemblement et aux résultats », écrit LAVI, qui invite chaque Haïtienne et chaque Haïtien à contribuer à la reconstruction du pays selon ses moyens et ses responsabilités.
« La meilleure manière d’honorer les Pères fondateurs est de transmettre aux générations futures un pays libre, uni, juste et souverain », conclut l’organisation.

