Haïti – Laurent St-Cyr installe Vladimir Paraison à la tête de la PNH et promet de « changer la peur de camp »…

Laurent Saint-Cyr, president du CPT au milieu...

PORT-AU-PRINCE, vendredi 8 août 2025 (RHINEWS) – Le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent St-Cyr, a procédé ce vendredi à l’installation de Vladimir Paraison comme directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), en remplacement de Normille Rameau. La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de l’Intérieur et de la Collectivité territoriale, du ministre de la Défense, de la secrétaire générale du Palais national, Marie-Élisabeth-Régine-Joseph Haddad, de membres du gouvernement, de policiers et de représentants de la presse.

Dans un discours solennel, Laurent St-Cyr a rappelé que la sécurité est « le pilier fondamental de tous les autres chantiers de cette transition » et que « sans elle, tout le reste s’effondre ». Il a insisté sur le fait que la crise sécuritaire frappe toutes les couches de la population, citant notamment « près de 500 000 enfants déplacés, souvent privés d’eau, de nourriture, de protection, d’éducation et de loisirs ».

Saluant le travail accompli par Normille Rameau, le chef du CPT a précisé que « ce changement n’est pas une sanction, mais est dicté par l’urgence et la nécessité de souffler un souffle nouveau à la PNH ». La République, a-t-il ajouté, lui doit « respect et reconnaissance » pour son engagement dans un contexte « particulièrement difficile ».

S’adressant directement à Vladimir Paraison, il a déclaré : « Vous montez au front dans un moment décisif et fragile. Vous n’avez pas le luxe de tâtonner. Dès que vous franchirez cette porte, je vous enjoins de prendre toutes les mesures qui s’imposent pour rétablir la sécurité, avec l’appui des forces armées d’Haïti et de la mission nationale d’appui à la sécurité. » Il l’a exhorté à « rassembler ses agents, gagner leur confiance, intensifier les opérations sur tous les fronts, sécuriser les zones vulnérables, consolider les territoires contrôlés et libérer un à un ceux où nos compatriotes ne peuvent plus vivre en paix », avant de marteler : « La peur doit changer de camp. »

Reconnaissant que « les moyens sont limités », St-Cyr a affirmé que « souvent ce n’est pas tant la quantité des hommes qui décide de l’issue d’une bataille, c’est la clarté de la vision, l’intelligence de la stratégie, la précision du plan et la détermination des hommes et des femmes ». Il a instruit le chef du gouvernement, les ministres et le Conseil supérieur de la police nationale de fournir « un soutien plein et entier » au nouveau DG, tout en appelant « la population à se tenir aux côtés de la police ».

Vladimir paraison, directeur général à.i de la PNH…

De son côté, Vladimir Paraison a tenu à saluer la mémoire des policiers, soldats et citoyens tués par « des barbares, bandits et terroristes sans foi ni loi », observant une minute de recueillement. Il a également exprimé sa solidarité envers les déplacés qui « n’ont pas réussi à vivre en paix et en sécurité ».

Fort de « trente années de service dans la police » et de plusieurs passages à la tête de différentes unités, dont la coordination de la sécurité présidentielle, Paraison a affirmé qu’assumer la direction générale de la PNH à ce moment précis est « une grande fierté » mais aussi un immense défi. Il s’est dit « révolté » face aux conséquences de l’insécurité : familles contraintes de fuir certaines régions, enfants empêchés d’aller à l’école, commerçants et agriculteurs ruinés, secteur touristique « quasi inexistant », artistes sans travail, jeunes professionnels poussés à l’exil et victimes de violences sexuelles enrôlées dans des gangs.

« Moi, je ne dormirai pas. Nous, policiers, nous ne dormirons pas. Il faut que la population dorme. Il faut que les gens dorment bien », a-t-il lancé, promettant de « protéger l’accès à la vie » et de permettre la réouverture des écoles.

Le nouveau chef de la PNH a annoncé que ses priorités seront de rétablir la sécurité dans tout le pays, notamment dans l’Ouest et l’Artibonite, d’arrêter les fauteurs de troubles pour les traduire en justice, de résoudre les problèmes administratifs et logistiques de l’institution, d’adapter la formation des policiers aux réalités du terrain, de renforcer la coopération avec les syndicats policiers, de mieux communiquer avec la population et d’améliorer la gestion des ressources « avec transparence ».

Insistant sur la nécessité d’une cohérence entre le plan de développement national, la politique de sécurité nationale et le plan de sécurité de la PNH pour obtenir « les meilleurs résultats » au bénéfice de la population, Vladimir Paraison a conclu : « Il est important que chaque instance joue sa partition », affirmant vouloir redonner espoir au pays.