QUARTIER-MORIN (Nord), vendredi 10 octobre 2025 (RHINEWS) – Dans un texte au ton mordant intitulé « La tutelle recyclée et l’humiliation programmée », l’ancien député de Quartier-Morin, Hugues Célestin, dénonce ce qu’il appelle la continuité coloniale et la mise sous tutelle déguisée d’Haïti à travers les nouvelles interventions internationales. Selon lui, la création de la Gang Suppression Force (GSF), décidée par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 30 septembre 2025, ne fait que prolonger la logique d’ingérence étrangère et la dépendance structurelle du pays.
« Depuis que les bottes américaines ont foulé le sol haïtien en 1915, Haïti reste le laboratoire préféré des puissances étrangères », écrit Célestin, comparant les missions successives de l’ONU – de la MICIVIH à la MINUSTAH, puis à la MSS – à « un patient résigné avalant ses pilules sans jamais guérir du mal qu’on prétend soigner ». Pour l’ancien parlementaire, la GSF n’est que « la fille légitime de la MSS », une mission « dirigée par le Kenya mais entièrement téléguidée depuis Washington ».
Dans son texte, Hugues Célestin décrit une scène symbolique sur le boulevard du Cap-Haïtien, au « Lakay Bar Restaurant », où il dit avoir observé « le très pompeux directeur de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) » entouré d’une escorte armée. « On croirait qu’ils s’apprêtent à affronter un bataillon du gang-milice “Viv Ansanm” », ironise-t-il, avant d’ajouter : « Le super-directeur venait simplement dîner dans le cadre de sa mission d’État gastronomique. » Pour lui, cette image illustre la dérive d’une République où la corruption se déguise en protocole et où les symboles de l’autorité publique deviennent ceux du ridicule.
Il fustige « les rejetons des classes moyennes supérieures », qu’il décrit comme « ces éléments en équilibre instable entre frustrations et privilèges », accusés de trahir leurs origines et de mépriser le peuple. « Dans cette République des vanités, écrit-il, leurs alliances se briseront et ils se trahiront les uns les autres. Leurs emplois disparaîtront dans un souffle, leurs gardes du corps seront remerciés, leurs téléphones sombreront dans le silence. » Et de conclure : « Cette maîtresse impitoyable, l’Internationale, raturera leur nom du grand livre et leur présentera la facture avec la même délicatesse qu’on offre une guillotine à un courtisan. »
Hugues Célestin relie la situation actuelle d’Haïti à une longue histoire d’humiliation et de dépendance, évoquant la rançon de 1825 imposée par la France en échange de la reconnaissance de l’indépendance. « Tandis que l’ONU s’affaire à imposer une nouvelle mission armée sur le sol haïtien, la France, dans un geste d’une hypocrisie raffinée, annonce fièrement une “aide humanitaire” de 800 000 plats chauds. Voilà donc la charité à la place de la justice ! » s’indigne-t-il. Il rappelle que la rançon de 150 millions de francs-or exigée par Charles X a « étranglé le pays pendant un siècle et bâti les fortunes de la métropole ». Et de dénoncer : « C’est une insulte à la mémoire, une gifle à la dignité nationale. »
L’ancien député estime que la souveraineté nationale s’est dissoute dans une dépendance institutionnelle et morale. « Ce qui n’était au départ qu’une ingérence provisoire, présentée comme une réponse à l’urgence, s’est peu à peu transformé en dépendance structurelle », affirme-t-il, accusant les élites locales d’être complices d’un système d’asservissement déguisé en coopération. « L’État haïtien, dépossédé de ses moyens d’action, a vu ses principales prérogatives transférées à des agences internationales, à des forces étrangères ou à des experts mandatés de l’extérieur. »
Célestin conclut : « Les voix longtemps étouffées vont briser le silence, réclamant justice, dignité et sécurité véritable, sans troupes d’occupation ni le joug de la tutelle étrangère. Face à la décadence des élites corrompues et à l’arrogance d’un ordre international qui persiste à dicter nos vies, le peuple haïtien se relève enfin. De cette colère légitime jaillira une Haïti souveraine, fière et inébranlable, maîtresse de son destin et capable de briser pour de bon les chaînes de l’humiliation séculaire. »

