PORT-AU-PRINCE, jeudi 23 juillet 2026 (RHINEWS) – L’ambassadeur des États-Unis en Haïti, Henry Wooster, a affirmé jeudi que le rétablissement durable de la stabilité dans le pays passe par la restauration de la sécurité, la tenue d’élections crédibles et la relance de l’économie, à l’occasion d’une conférence de presse marquant la fin de sa mission diplomatique à Port-au-Prince.
Arrivé au terme de son mandat, le diplomate américain a déclaré quitter Haïti « profondément touché » par « la résilience » et « la force du peuple haïtien » face aux crises successives auxquelles le pays est confronté.
« La stabilisation d’Haïti est essentielle. C’est une priorité absolue pour Haïti, pour les États-Unis d’Amérique et pour toute la région », a déclaré Henry Wooster. « Mais cette stabilité ne peut pas être atteinte s’il n’y a pas également la sécurité. La sécurité, c’est l’objectif à court terme, et la stabilité, c’est le progrès durable avec des conditions de sécurité assurées pour tous. »
L’ambassadeur a indiqué que Washington poursuivait sa coopération avec les autorités haïtiennes et le Conseil de sécurité des Nations unies afin de soutenir les efforts contre les groupes armés.
Selon lui, la force multinationale déployée en Haïti, composée notamment de contingents provenant du Tchad, du Salvador, du Guatemala, de la Jamaïque, de la Mongolie et du Sri Lanka, mène actuellement des opérations dans plusieurs secteurs de la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Tabarre, Delmas et au centre-ville.
« Cette force travaille pour remettre aux autorités haïtiennes les membres de ces gangs qui sont arrêtés et qui seront déférés devant la justice. Nous nous efforçons aussi de saisir et de détruire les armes confisquées de ces gangs », a-t-il déclaré, ajoutant que les opérations se poursuivraient « tout au long de l’été jusqu’à ce qu’elles atteignent leur pleine capacité ».
Henry Wooster a toutefois estimé que l’appui international ne pouvait se substituer à l’action des institutions nationales.
« Le soutien international reste indispensable, mais les solutions haïtiennes devront quand même venir de l’État haïtien. Il faut que l’État haïtien regagne la capacité de défendre son pays et de faire appliquer les lois », a-t-il affirmé.
Le diplomate a également évoqué l’appui américain au renforcement des capacités de la Police nationale d’Haïti. Il a indiqué que les États-Unis soutiennent le recrutement, la formation et le déploiement de 4 000 nouveaux policiers dans le cadre d’un programme baptisé « P4000 », précisant que sa mise en œuvre était « déjà à mi-chemin ». Il a aussi annoncé la reprise de la coopération avec les Forces armées d’Haïti, dont les efforts de recrutement et de formation devraient, selon lui, devenir « beaucoup plus visibles dans les mois à venir ».
Sur le plan politique, Henry Wooster a salué les démarches entreprises par le Conseil électoral provisoire en vue de l’organisation d’élections.
« Les élections fourniront au gouvernement le mandat légitime dont il a besoin pour contrer les gangs et rétablir l’État de droit », a-t-il déclaré, estimant que le retour à des institutions élues constitue une étape essentielle vers la stabilisation du pays.
L’ambassadeur a également insisté sur la dimension économique de la crise, affirmant que la création d’emplois, notamment pour les jeunes, demeure indispensable afin d’offrir une alternative au recrutement par les groupes armés.
« Le secteur privé haïtien doit pleinement jouer son rôle pour être le fer de lance de cet effort. Nous ne pourrons pas restaurer la démocratie ni la stabilité dans un pays où la croissance économique ne marche pas de pair avec tous les efforts pour relever la population », a-t-il déclaré.
Henry Wooster a rappelé que les États-Unis demeurent le principal partenaire bilatéral d’Haïti en matière d’assistance. Selon lui, Washington a consacré en 2026 quelque 125 millions de dollars à l’aide humanitaire, 24 millions de dollars à l’assistance alimentaire et 11 millions de dollars au soutien post-ouragan.
Le diplomate a enfin appelé les autorités, le secteur privé, la société civile et les médias à contribuer au rétablissement du pays.
« Une Haïti stable, sécurisée et prospère va dans le sens de l’intérêt de tous les Haïtiens, mais aussi des États-Unis et de toute la région », a-t-il déclaré. « Votre rôle est essentiel pour fournir des informations correctes et pour contrecarrer la désinformation qui est tellement nuisible à ce pays et à son avenir démocratique », a-t-il ajouté en s’adressant aux journalistes.
Reconnaissant que l’organisation des prochaines élections demeure un défi, Henry Wooster s’est néanmoins dit confiant que les efforts conjugués des autorités haïtiennes et de leurs partenaires permettront de progresser vers « la sécurité et la stabilisation » du pays.

