PORT-AU-PRINCE, jeudi 23 juillet 2026 (RHINEWS)– Le Forum pour la Refondation de la Société Haïtienne (FRESH) a transmis une lettre au Groupe des éminentes personnalités de la CARICOM chargé de faciliter le dialogue en Haïti. Dans cette correspondance, l’organisation invite l’instance régionale à revoir son approche de la crise haïtienne et lui soumet une proposition axée sur la restauration de la souveraineté populaire comme fondement d’une sortie durable de la crise.
Tout en saluant les efforts de la CARICOM pour accompagner Haïti dans la recherche d’une solution à la crise politique et institutionnelle, le FRESH estime que les initiatives menées jusqu’à présent n’ont pas permis d’apporter une réponse durable. Selon l’organisation, les démarches privilégiant principalement le rétablissement de la sécurité et l’organisation d’élections ne s’attaquent pas aux causes profondes de la crise, qu’elle attribue à un affaiblissement de la démocratie et à une confiscation de la souveraineté populaire.
Le Forum soutient que les gouvernements de transition mis en place depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse n’ont pas bénéficié d’une légitimité reposant sur l’expression de la volonté populaire. Il considère que seule une restitution effective de la souveraineté au peuple haïtien permettra de reconstruire des institutions démocratiques stables et crédibles.
Pour concrétiser cette vision, le FRESH propose la création d’un Congrès Général du Peuple (COGEP), composé de représentants issus des 570 sections communales du pays, désignés au cours d’assemblées populaires. Cette instance exercerait, pendant une période d’un an, la plénitude du pouvoir souverain afin de mettre en place un président provisoire, un gouvernement limité à douze ministres, un Parlement provisoire, un Conseil électoral permanent ainsi que les principales autorités judiciaires.
Le COGEP serait également chargé de proposer des amendements à la Constitution de 1987, de créer une Commission « Justice, Vérité et Réparation » et d’élaborer une feuille de route pour le gouvernement. Celle-ci comprendrait notamment un plan de désarmement des groupes armés ainsi qu’un programme d’urgence en faveur des victimes de l’insécurité.
Le document précise que les membres du COGEP devraient être des citoyens reconnus pour leur intégrité et n’ayant entretenu aucun lien, présent ou passé, avec les partis ou regroupements politiques ayant, selon le FRESH, contribué à la dégradation de la situation nationale au cours des quarante dernières années. Les fonctions seraient exercées à titre bénévole, l’État mettant à leur disposition les moyens nécessaires à l’accomplissement de leur mission.
Dans sa lettre, le FRESH réaffirme son opposition aux accords politiques conclus sans participation effective du peuple ainsi qu’au processus électoral actuellement en cours, qu’il juge insuffisamment crédible en raison de la situation sécuritaire, du manque de transparence et des limites du cadre juridique.
L’organisation annonce également son intention d’engager un vaste processus de consultations avec les différentes composantes de la société haïtienne afin de définir les bases d’une véritable refondation démocratique.
Le Forum appelle enfin la CARICOM à soutenir les initiatives visant à restaurer pleinement la souveraineté du peuple haïtien, dans le respect des principes démocratiques et du droit des Haïtiens à décider librement de leur avenir politique.
La lettre, datée du 20 juillet 2026, est adressée au Groupe des éminentes personnalités de la CARICOM avec copie au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à l’Organisation des États américains (OEA), au Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) ainsi qu’à la presse. Elle est signée par Jean Fritzner Étienne, président du FRESH, ainsi que par les vice-présidents Dann Grover Noncent et Gérald Saint-Jean.

