PORT-AU-PRINCE, mercredi 15 juillet 2026 (RHINEWS) – Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (PFSDH) a appelé le Conseil électoral provisoire (CEP) à ne pas publier de calendrier électoral sans que soient réunies des conditions de sécurité et des garanties vérifiables, estimant qu’un tel processus conduirait à un « échec annoncé » et entraînerait un gaspillage de ressources publiques.
Dans une prise de position rendue publique après la publication, le 9 juillet, de la liste définitive des partis politiques agréés par le CEP, le PFSDH affirme que « publier un calendrier sans conditions de sécurité ni vérification sérieuse des agréments, c’est engager les deniers publics dans un échec annoncé ». Selon le parti, « le calendrier doit être conditionné à des prérequis vérifiables ».
Le CEP a annoncé que 316 formations politiques ont été retenues conformément à l’article 129 du décret électoral. Le PFSDH estime toutefois que cette étape intervient alors que « le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, condition essentielle de la tenue du vote, n’est pas acquis ».
Le parti remet également en question les données relatives aux partis agréés. « Comment 316 partis pourraient-ils justifier chacun 30 000 membres vérifiés, soit plus de neuf millions de citoyens, quand l’électorat haïtien en compte environ six millions ? », interroge-t-il, estimant que cette « arithmétique impossible » renforce ses inquiétudes concernant « le risque de listes fabriquées à partir de données extraites frauduleusement ».
Le PFSDH souligne par ailleurs que plusieurs communes demeurent sous le contrôle de groupes armés et que des centaines de milliers de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays. Dans ces conditions, il juge difficile d’assurer « la libre circulation des candidats, des mandataires et des électeurs » ainsi que l’organisation du scrutin.
Selon la formation politique, les précédents processus électoraux engagés sans conditions suffisantes se sont soldés par des interruptions, des reprises ou des annulations, entraînant des coûts importants pour l’État et les partenaires internationaux. « Engager les ressources du Trésor public et des partenaires techniques et financiers dans un calendrier déconnecté de la réalité politique et sécuritaire du pays, c’est organiser un échec annoncé aux frais des contribuables haïtiens et des pays amis qui soutiennent le processus », affirme le PFSDH.
Le parti plaide en faveur d’un « calendrier-condition » plutôt que d’un « calendrier-date ». Il propose que l’adoption d’un calendrier électoral soit précédée de critères publics, mesurables et vérifiables, notamment le rétablissement de la sécurité, l’accès sécurisé aux centres de vote, la libre circulation sur les principaux axes routiers, un dispositif pour les électeurs déplacés, la protection des candidats, des mandataires et des observateurs, ainsi que des mécanismes garantissant le transport sécurisé des procès-verbaux.
Le PFSDH appelle enfin le CEP et les autorités concernées à organiser « une consultation réelle avant toute actualisation et mise en œuvre du calendrier électoral », estimant qu’un consensus sur les conditions préalables est indispensable à la crédibilité du futur scrutin.

