PORT-AU-PRINCE, mardi 14 juillet 2026 (RHINEWS)– Le Collectif Défenseurs Plus a appelé à accélérer la procédure judiciaire sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, tout en estimant que le retour à l’ordre constitutionnel et la lutte contre l’impunité demeurent des conditions essentielles pour sortir Haïti de la crise.
L’organisation a rendu hommage à la mémoire du chef de l’État, assassiné dans sa résidence privée dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021, tout en faisant part de sa « vive préoccupation » face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, à la crise humanitaire et à l’absence persistante d’autorités élues.
Le Collectif estime que « cinq ans après ce crime odieux, la justice n’a toujours pas établi toute la vérité ni sanctionné l’ensemble des responsables », ajoutant que « l’insécurité s’est aggravée, les institutions se sont affaiblies et le pays reste privé d’autorités élues ».
Selon Défenseurs Plus, l’assassinat de Jovenel Moïse « demeure l’un des symboles les plus marquants de l’effondrement des institutions haïtiennes », faisant valoir que le meurtre d’un chef d’État dans sa résidence officielle a mis en évidence les failles du dispositif sécuritaire national. L’organisation affirme également que, depuis ce drame, les groupes armés ont consolidé leur emprise sur plusieurs régions du pays, tandis que les enlèvements, les massacres, les déplacements forcés et d’autres violations des droits humains continuent d’affecter la population.
Le Collectif s’est aussi inquiété de la lenteur de l’instruction judiciaire en Haïti. Il relève que, malgré les démarches entreprises par les magistrats instructeurs du tribunal de première instance de Port-au-Prince, « les auteurs intellectuels et l’ensemble des responsables de ce crime n’ont toujours pas été identifiés par la justice haïtienne ».
L’organisation a salué le travail du juge Jean Denis Cyprien, désigné par la Cour d’appel de Port-au-Prince pour conduire un supplément d’information dans ce dossier, l’encourageant à poursuivre son enquête « avec indépendance, impartialité et diligence afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire ».
Défenseurs Plus a, par ailleurs, pris acte des condamnations déjà prononcées aux États-Unis contre plusieurs personnes impliquées dans l’affaire. Ces décisions constituent, selon l’organisation, « une étape importante dans la lutte contre l’impunité », mais « ne remplacent toutefois pas la responsabilité de la justice haïtienne de faire toute la lumière sur ce dossier et de poursuivre tous les responsables ».
Le Collectif a également estimé que le rétablissement de l’ordre constitutionnel passe par « l’organisation d’élections libres, honnêtes, inclusives et crédibles ». Il souligne que cinq ans après l’assassinat du président Moïse et près de dix ans après les dernières élections générales, Haïti demeure gouvernée par des autorités de transition, une situation qui, selon lui, « fragilise davantage les institutions et affaiblit la confiance de la population ».
Dans ses recommandations, Défenseurs Plus appelle notamment à accélérer le traitement judiciaire du dossier afin d’identifier, poursuivre et juger les auteurs matériels, les auteurs intellectuels et leurs complices, à renforcer les capacités de la justice haïtienne et la coopération judiciaire internationale, à mettre en œuvre un plan national de rétablissement de la sécurité permettant à l’État de reprendre progressivement le contrôle du territoire, ainsi qu’à publier, dans les meilleurs délais, un calendrier électoral crédible assorti des garanties nécessaires à la tenue d’élections libres, transparentes et inclusives.
« Seule une justice indépendante, associée à une lutte réelle contre l’impunité, au rétablissement de la sécurité et au retour à des institutions démocratiquement élues, permettront à Haïti de sortir durablement de la crise et de garantir les droits fondamentaux de sa population », conclut le Collectif Défenseurs Plus.

