PORT-AU-PRINCE, dimanche 13 septembre 2026 (RHINEWS)– Le leader de l’Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (UNIR), Clarens Renoi, met en garde contre les risques de fraude et de contestation liés au processus électoral en cours, dénonçant des dysfonctionnements présumés de la plateforme du Conseil électoral provisoire (CEP) et réclamant une évaluation objective du dispositif avant la tenue des élections.
Dans une interview accordée à RHINEWS, M. Renoi affirme que la plateforme utilisée par le CEP pour l’enregistrement et la validation des membres des partis politiques présente des anomalies susceptibles, selon lui, de fragiliser la crédibilité du processus.
« La plateforme du CEP présente certaines complexités et des incohérences pour le moins scandaleuses », déclare-t-il.
Il cite notamment des différences dans le traitement de certaines cartes d’identification. « La carte d’un membre rejeté aujourd’hui par le système peut être agréée le lendemain », affirme le dirigeant politique, rapportant également le cas d’un membre fondateur d’UNIR dont « la carte d’identité personnelle a été enregistrée au nom d’un autre parti ».
Clarens Renoi critique par ailleurs l’exigence imposée aux partis de disposer de 30.000 membres validés, estimant que cette disposition aurait créé des conditions propices à la manipulation des données.
« Cette exigence de 30.000 membres a ouvert la porte à une fraude massive de données », soutient-il, jugeant qu’il s’agit d’une « mauvaise décision » du CEP.
Le responsable d’UNIR met également en cause les frais d’inscription exigés des candidats. Selon lui, ces dispositions financières risquent de réduire la participation de certaines catégories de la population, notamment les jeunes.
« C’est exclure les jeunes d’emblée de la course et laisser trop de place à l’argent », affirme-t-il.
Face à ces interrogations, UNIR réclame une évaluation du processus électoral. Pour Clarens Renoi, cette démarche est nécessaire pour identifier les failles éventuelles, clarifier les zones d’ombre et restaurer la confiance des acteurs politiques.
« Sans une évaluation objective et sincère, on avance vers une mascarade et un cafouillage électoraux », prévient-il.
Il estime qu’une telle évaluation devrait permettre de « regarder en face les réalités » et de répondre aux interrogations suscitées par le fonctionnement du processus.
La sécurité demeure, selon lui, l’autre grande condition préalable à la tenue d’élections crédibles. Le leader d’UNIR estime que la sécurisation du territoire doit précéder le scrutin afin de permettre aux électeurs de participer librement et aux candidats de mener leurs activités sans intimidation.
« La sécurité est indispensable », insiste-t-il, estimant qu’elle doit garantir « la participation de l’électorat et la fiabilité du système électoral pour rassurer les partis et les candidats ».
Plus catégorique, il affirme qu’« il faut un environnement de sécurité avant la tenue des élections ».
« Il faut libérer les territoires du contrôle des gangs, ouvrir les routes nationales et garantir la libre circulation des gens. C’est indispensable ! », martèle Clarens Renoi.
Pour le dirigeant politique, le prochain scrutin ne devrait toutefois pas être considéré comme une simple opération de renouvellement des institutions. Il devrait, selon lui, constituer une rupture avec les pratiques politiques qui ont marqué les dernières décennies.
« Le prochain scrutin est crucial pour l’avenir », affirme-t-il. « Il devrait favoriser l’émergence d’une autre classe politique et marquer une rupture avec les vieilles pratiques de gouvernance. »
Il considère cette échéance comme « l’occasion de prendre un tournant décisif dans l’établissement d’un État de droit dans le pays ».
Clarens Renoi présente par ailleurs la sécurité comme le premier axe du programme politique d’UNIR. Il la lie directement au renforcement des institutions, à l’investissement et à la création d’emplois.
« La sécurité intégrale est l’axe numéro un de notre programme politique », explique-t-il, estimant qu’elle doit permettre de « renforcer nos institutions et ouvrir la voie à des investissements pour créer des emplois au profit des jeunes ».
Dans cette perspective, il associe sécurité et justice. « Pour UNIR, sécurité marche de pair avec justice », affirme-t-il, plaidant pour « une justice puissante et indépendante capable d’agir contre la corruption ».
Le parti entend également inscrire la question de la souveraineté au cœur de sa politique étrangère. « UNIR entend œuvrer dans sa politique étrangère pour permettre au pays de recouvrer sa souveraineté et sa dignité », déclare son dirigeant.
Sur le plan électoral, Clarens Renoi se dit personnellement disposé à se porter candidat, sous réserve de l’aval de son parti.
« Je suis prêt à servir mon pays. Avec le soutien et l’approbation du parti, je me prépare à me soumettre aux suffrages », affirme-t-il.
Il appelle néanmoins à un consensus entre les acteurs haïtiens sur les modalités de sortie de la transition.
« Il faut un consensus inter-haïtien pour trouver une formule idoine permettant de garantir la bonne tenue des élections et revenir à l’ordre démocratique », soutient-il. « C’est la seule façon de mettre un terme à la transition. »
À l’adresse des forces politiques et citoyennes, le leader d’UNIR lance enfin un appel au rassemblement, mettant en garde contre les risques qu’il associe à une aggravation de la crise nationale.
« Rassemblons-nous pour éviter que le pays s’effondre totalement ou soit mis sous tutelle étrangère », lance-t-il.
« Je suis un rassembleur, je veux réunir les ressources et les compétences pour sauver notre pays », conclut Clarens Renois.

