Gaza : l’ONU chiffre à 70 milliards de dollars le coût de la reconstruction de l’enclave dévastée….

UNRWA Les écoles de Gaza ont été directement touchées ou endommagées depuis le début de la guerre.

GENÈVE, mardi 14 octobre 2025 (RHINEWS) — Environ 70 milliards de dollars seront nécessaires pour reconstruire la bande de Gaza après deux années de guerre, ont annoncé mardi des experts des Nations Unies. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a précisé que 20 milliards de dollars seraient indispensables dès les trois prochaines années pour entamer la phase initiale de reconstruction, alors que les besoins humanitaires demeurent immenses.

Le territoire palestinien, long de 41 kilomètres et large de deux à cinq kilomètres, a été presque entièrement détruit par les bombardements israéliens. Selon Jaco Cilliers, représentant spécial du PNUD pour les Palestiniens, « les destructions atteignent désormais 84 % du territoire, et jusqu’à 92 % à Gaza-ville ». L’évaluation rapide menée conjointement par l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale confirme un niveau de dévastation sans précédent.

Le PNUD, présent sur le terrain aux côtés des agences humanitaires, s’efforce d’assurer l’accès à l’eau potable, aux soins médicaux et à la sécurité publique en déblayant les décombres. « Nous avons déjà retiré environ 81.000 tonnes de débris, soit plus de 3.100 chargements de camions », a indiqué M. Cilliers. L’objectif immédiat est de permettre aux équipes humanitaires d’atteindre les populations sinistrées et de sécuriser les zones encore minées de munitions non explosées.

Le responsable onusien a ajouté que plusieurs pays, notamment des États arabes, européens et les États-Unis, avaient exprimé leur volonté de contribuer à la reconstruction. « Les signaux reçus sont encourageants », a-t-il confié, tout en soulignant que l’acheminement effectif de l’aide reste insuffisant face à l’ampleur des besoins.

Alors que la reconstruction à long terme est essentielle, l’urgence demeure humanitaire. Les agences de l’ONU ont une nouvelle fois exhorté Israël à ouvrir tous les points d’accès vers Gaza, à la suite de la libération lundi de 20 otages israéliens encore en vie et de prisonniers palestiniens, dans le cadre du cessez-le-feu signé à Charm el-Cheikh entre le Hamas et Israël, sous la médiation du président américain Donald Trump et des dirigeants égyptien, qatari et turc.

Depuis Gaza, Tess Ingram, du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a décrit la détresse des familles déplacées. « J’ai rencontré Mustafa et Syeda, déplacés cinq fois. Ils se disent chanceux d’avoir pu dégager leur maison des ruines. Mais ils vivent dans la peur que l’eau ne soit plus livrée demain », a-t-elle témoigné. L’UNICEF plaide pour que « les centaines de camions d’aide promis chaque jour » puissent effectivement entrer dans l’enclave.

Parallèlement, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) supervise le transfert des dépouilles d’otages décédés, une opération « extrêmement difficile », selon son porte-parole Christian Cardon, alors que les recherches se poursuivent pour identifier les victimes et préparer d’éventuels échanges.

Selon Ricardo Pires, porte-parole de l’UNICEF, plus de 300.000 Palestiniens ont regagné le nord de Gaza depuis vendredi, espérant un retour progressif à la normale. Mais, sur le terrain, « l’aide humanitaire qui parvient n’est pas suffisante », a-t-il averti. De son côté, Jens Laerke, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a appelé les 22 chefs d’État réunis à Charm el-Cheikh à accélérer la mise en œuvre du plan d’aide, tout en rappelant que les Nations Unies n’ont reçu que 190.000 tonnes de matériel de secours, bien en deçà des besoins réels.

Les agences humanitaires insistent sur la nécessité de renforcer la sécurité des distributions et de cesser d’acheminer l’aide depuis des zones reculées. « Nous avons vu des personnes blessées ou tuées en revenant de centres de distribution », a souligné M. Cardon. « Il faut faire parvenir l’aide aux populations, pas les forcer à risquer leur vie pour la recevoir. »

Deux ans après le début du conflit, Gaza reste un champ de ruines, où les espoirs de paix se heurtent à l’urgence de reconstruire un territoire à genoux.