WASHINGTON, jeudi 25 juillet 2025 (RHINEWS) – Le président Donald Trump a signé un nouvel ordre exécutif visant à lutter contre l’itinérance en relançant l’usage du “civil commitment”, un mécanisme juridique permettant le placement forcé en institution psychiatrique de personnes atteintes de troubles mentaux, sans leur consentement.
L’administration Trump présente cette mesure comme un moyen de “restaurer l’ordre public” en orientant les personnes sans abri vers des établissements de soins de longue durée pour un “traitement humain”. Le texte demande également au ministère de la Justice d’évaluer si les sans-abri accusés de crimes fédéraux peuvent être classés comme “personnes sexuellement dangereuses”.
Selon l’ordre signé jeudi, les autorités locales sont encouragées à utiliser les ressources fédérales pour éviter la remise en liberté de personnes souffrant de troubles mentaux graves, faute de places disponibles dans les établissements publics.
Mais les critiques dénoncent une approche coercitive et inefficace. « Ces décrets ignorent des décennies de recherches basées sur des preuves en matière de logement et de soutien », a déclaré Donald Whitehead Jr., directeur de la National Coalition for the Homeless. Il accuse la Maison-Blanche d’adopter une méthode « punitive » qui aggrave les conditions des personnes vulnérables.
Historiquement, le recours à l’internement involontaire a souvent touché de manière disproportionnée les minorités raciales, les personnes LGBTQ+ et les personnes handicapées, selon plusieurs études. Un rapport de l’American Psychiatric Association en 2022 indique que les patients noirs ou multiraciaux sont encore plus susceptibles d’être internés sans leur consentement que les patients blancs.
Encadrée par la Cour suprême depuis les années 1970, la procédure de “civil commitment”reste juridiquement controversée. Le débat est relancé, alors que plus de 650 000 personnes sont actuellement sans domicile aux États-Unis.

