Haïti : Bocchit Edmond propose un Fonds de Solidarité Nationale pour les familles de policiers et militaires tués en service…

Militaires et policiers haitiens...

PORT-AU-PRINCE, vendredi 25 juillet 2025 (RHINEWS) —L’ancien ambassadeur d’Haïti à Washington, Bocchit Edmond, a soumis aux autorités de transition une proposition de création d’un Fonds de Solidarité Nationale destiné à soutenir les familles des policiers et militaires assassinés dans l’exercice de leurs fonctions.

Dans une lettre adressée au Conseil Présidentiel de Transition et au Premier ministre, M. Edmond attire l’attention sur l’ampleur de la violence armée qui touche particulièrement les forces de l’ordre en Haïti. « Chaque jour, des femmes et des hommes en uniforme s’engagent, parfois au péril de leur vie, pour protéger la population, préserver l’ordre public et défendre la souveraineté nationale », écrit-il.

Selon les chiffres non officiels rapportés régulièrement par la presse et les syndicats de police, en moyenne une trentaine de policiers haïtiens sont tués chaque année dans l’exercice de leurs fonctions, souvent dans des attaques ciblées perpétrées par des groupes armés qualifiés de terroristes. Ce bilan alarmant alimente les critiques récurrentes contre l’État haïtien, accusé de ne pas protéger suffisamment ses agents et d’abandonner leurs familles après leur mort.

M. Edmond souligne que « ce sacrifice ultime, lorsqu’il survient, laisse derrière lui des familles brisées, souvent sans ressources immédiates, confrontées à un avenir incertain ». Il déplore l’absence d’un mécanisme structuré et pérenne d’assistance publique à ces proches, une situation qui, dit-il, « a suscité de graves critiques contre les autorités ».

Le fonds proposé aurait pour objectifs principaux d’offrir une allocation de décès, de couvrir les frais d’obsèques, de fournir un soutien social et psychologique, de financer la scolarité des enfants jusqu’à leur majorité ou leurs études supérieures à travers le Fonds National de l’Éducation (FNE), et d’instituer un hommage officiel annuel en mémoire des victimes.

Pour son financement, Bocchit Edmond recommande une dotation initiale de l’État, des prélèvements de solidarité sur certaines transactions économiques, des dons volontaires via une plateforme nationale sécurisée, des partenariats avec le secteur privé, ainsi qu’un appui éventuel de bailleurs internationaux mobilisés sur les questions de sécurité et de résilience.

Il suggère que le fonds soit administré par un comité indépendant composé de représentants de l’État, de la société civile, des familles bénéficiaires et d’anciens membres des forces de sécurité. « Un rapport annuel d’activité assurerait une totale transparence sur l’attribution des aides et l’utilisation des ressources », précise-t-il.

Pour l’ancien diplomate, cette initiative revêt une portée à la fois symbolique et patriotique. « La République ne tourne pas le dos à ceux qui sont tombés pour elle. Elle protège leurs familles, elle honore leur mémoire », conclut M. Edmond dans sa correspondance.