WASHINGTON, samedi 28 juin 2025 (RHINEWS)– La représentante américaine d’origine haïtienne, Sheila Cherfilus-McCormick, a dénoncé avec vigueur la décision du Département de la Sécurité intérieure (DHS) de mettre un terme au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens vivant aux États-Unis.
« La décision du Département de la Sécurité intérieure de mettre fin au TPS pour Haïti est profondément préoccupante », a déclaré la députée du 20e district de Floride dans un communiqué officiel publié ce vendredi. « Elle touche des milliers de familles haïtiennes qui vivent légalement aux États-Unis depuis plus d’une décennie — contribuant à leurs communautés, payant leurs impôts et élevant des enfants nés aux États-Unis. »
Selon la parlementaire, les justifications avancées par l’administration sont contradictoires et ignorent la réalité dramatique du terrain. « Alors que le DHS affirme que les conditions en Haïti se sont améliorées, cette évaluation contredit l’avis de voyage du Département d’État lui-même, qui met en garde contre des violences généralisées, des enlèvements et des troubles civils. Si le pays est jugé dangereux pour les voyageurs américains, il est profondément irresponsable d’y renvoyer des familles à ce stade. »
Mme Cherfilus-McCormick a également souligné les conséquences économiques de cette mesure : « Les titulaires du TPS et les membres de leur foyer contribuent à hauteur d’environ 2,3 milliards de dollars en impôts fédéraux et 1,3 milliard de dollars en taxes étatiques et locales chaque année. Le retrait de centaines de milliers de travailleurs n’affecterait pas seulement la Floride du Sud, mais aussi l’économie nationale. »
Appelant à une politique d’immigration plus humaine et cohérente, la députée a lancé une exhortation directe à l’exécutif : « Nos politiques migratoires doivent refléter de la compassion, de la constance et du respect pour ceux qui ont bâti leur vie ici sous des protections légales. J’encourage vivement l’administration à reconsidérer cette décision et j’en appelle au Congrès pour qu’il fournisse une solution permanente aux titulaires du TPS. »
Le Département de la Sécurité intérieure a récemment annoncé son intention de mettre fin au TPS pour les ressortissants haïtiens au cours des prochains mois, mettant en péril le statut légal de milliers de personnes ayant fui l’instabilité chronique de leur pays.
Cette décision intervient alors que la situation en Haïti demeure extrêmement volatile. La capitale, Port-au-Prince, et plusieurs régions du pays sont sous l’emprise de groupes armés ultra-violents, notamment les coalitions criminelles Gran Grif et Viv Ansanm, responsables de massacres, de déplacements de populations, de pillages et de l’effondrement des services de base. Le pays traverse l’une des pires crises sécuritaires de son histoire, avec une violence qualifiée par plusieurs experts de « terrorisme interne ».
La décision de forcer le retour de milliers d’Haïtiens dans un pays ravagé par les gangs et l’instabilité politique est vivement contestée par de nombreuses voix politiques, communautaires et humanitaires à travers les États-Unis.

