L’AJHE célèbre ses retrouvailles et ses cinq ans d’engagement pour un journalisme haïtien libre et éthique…

Luckson Bonhomme, nouveau président de l'Association des Journalistes Haïtiens de l’Etranger (AJHE),...

NORTH MIAMI, samedi 28 juin 2025 (RHINEWS) — L’Association des Journalistes Haïtiens de l’Étranger (AJHE) a organisé, ce samedi, la deuxième édition de ses retrouvailles à la Librairie de North Miami, coïncidant avec la célébration de son cinquième anniversaire. L’événement a réuni une cinquantaine de journalistes venus d’Haïti, des États-Unis, du Canada et d’Europe, dans une ambiance fraternelle marquée par les échanges sur les défis du métier, les dérives médiatiques, les pressions politiques et l’impact des réseaux sociaux.

Dans son discours d’ouverture, Luc Bonhomme, président de l’AJHE, a salué l’importance de ces retrouvailles. « Après deux longues années d’absence, nous voilà enfin réunis ! Nos cœurs s’emballent, la joie rayonne sur tous les visages. Quel bonheur de se retrouver entre collègues et amis pour célébrer notre chère AJHE », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Créée le 21 juin 2020, en pleine pandémie de COVID-19, l’AJHE s’est donné pour mission de renforcer les liens entre les journalistes haïtiens de la diaspora et ceux du pays, à travers la formation, la solidarité professionnelle et la défense d’un journalisme libre, éthique et rigoureux.

Luc Bonhomme a profité de la tribune pour dresser un bilan des réalisations de l’association et tracer les grandes lignes de son avenir. « En cinq ans, nous avons créé quelque chose de durable. Nous projetons d’ouvrir des antennes dans plusieurs villes des États-Unis, de France et du Canada. Des formations sont également prévues en Haïti, dans le nord et le sud du pays », a-t-il indiqué.

Parmi les projets phares annoncés, figure la création du Prix Liliane Pierre-Paul, en hommage à la célèbre journaliste haïtienne décédée en 2023. « Ce prix récompensera l’excellence journalistique haïtienne et contribuera à élever les standards de notre profession », a souligné Bonhomme.

Il a également révélé que des discussions ont été entamées avec des organisations telles que SOS Journalistes et l’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) en vue de rédiger un code d’éthique commun. « Ensemble, nous écrirons les plus belles pages de l’histoire du journalisme haïtien », a-t-il conclu.

Èd Lozala, Journaliste… et directeur de média…

L’un des vétérans de la presse haïtienne Ed Lozada, invité d’honneur, a fait une présentation remarquée sur les bouleversements provoqués par les nouvelles technologies dans l’écosystème médiatique. « Il est aujourd’hui impossible pour un journaliste de faire abstraction des réseaux sociaux ou de l’intelligence artificielle. Mais attention : si nous ne faisons pas un usage éthique de ces outils, nous devenons complices de la désinformation », a-t-il averti.

Critiquant la course effrénée aux clics et aux “vues”, Lozama a plaidé pour un retour aux fondamentaux. « Le journalisme ne peut pas devenir une course à la trivialité. Nous avons une responsabilité envers la vérité, envers nos publics et envers l’histoire. »

Farah Larieux, Activiste, ebtrepreubeure…

Autre moment fort : l’intervention de la communicatrice et militante haïtienne Farah Larieux, qui a abordé la fin programmée du Temporary Protected Status (TPS) pour des milliers d’Haïtiens vivant aux États-Unis.

« Il faut appeler les choses par leur nom : ce n’est pas une simple politique migratoire, c’est une opération politique guidée par un agenda raciste », a lancé Mme Larieux. Elle a mis en garde contre les conséquences sociales et économiques de cette décision, qu’elle a qualifiée de “nettoyage ethnique en douceur” dans le cadre du prétendu Projet 2025 de l’équipe Trump.

« Un mois seulement après avoir classé deux organisations criminelles haïtiennes comme terroristes, la même administration ose prétendre que les conditions sont réunies pour renvoyer nos compatriotes en Haïti. Où est la cohérence ? » a-t-elle interrogé, appelant les élus d’origine haïtienne à faire front commun pour défendre les migrants menacés de déportation.

Tout au long de la journée, les participants ont échangé autour de plusieurs thématiques essentielles, notamment les risques encourus par les journalistes en Haïti, les défis du journalisme de terrain dans un contexte de violence généralisée, ou encore les dérives de l’information en ligne.

Les organisateurs ont annoncé qu’une synthèse des recommandations issues des ateliers sera publiée dans les prochains jours sur le site officiel de l’AJHE.

Cette journée de retrouvailles a non seulement été une occasion festive, mais aussi un moment de réflexion lucide et stratégique. Comme l’a résumé Luc Bonhomme : « Le chantier est immense, mais notre engagement l’est tout autant. »