WASHINGTON, mercredi 26 novembre 2025 (RHINEWS)- Le Département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis (DHS) a annoncé mercredi la fin du Statut de protection temporaire (Temporary Protected Status, TPS) accordé aux ressortissants haïtiens, mesure en vigueur depuis le séisme de janvier 2010. La décision a été officialisée dans un avis publié au Federal Register, indiquant que la désignation du TPS pour Haïti prendra fin le 3 février 2026.
Selon le communiqué, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a conclu qu’« Haïti ne répond plus aux critères prévus par la loi pour le TPS » après consultation avec les agences fédérales concernées. Le DHS précise que la décision repose sur « un examen mené par l’USCIS, les contributions des agences gouvernementales compétentes et une analyse établissant que permettre aux ressortissants haïtiens de rester temporairement aux États-Unis n’est plus conforme aux intérêts nationaux américains ».
Le DHS invite les bénéficiaires haïtiens du TPS dépourvus d’un autre statut légal à « se préparer à quitter le territoire ». L’avis souligne que les intéressés peuvent utiliser l’application mobile CBP Home pour signaler leur départ. Le ministère décrit ce mécanisme comme « un processus de départ volontaire, sécurisé et pratique », offrant notamment « un billet d’avion gratuit, une prime de sortie de 1 000 dollars et d’éventuelles possibilités futures d’immigration légale ».
Cette annonce est un nouveau rebondissement dans un dossier déjà largement controversé au cours de la précédente présidence républicaine :
• 2017 : L’administration Trump avait décidé une première résiliation du TPS pour Haïti, considérant que les conditions générées par le séisme ne justifiaient plus la protection. L’échéance devait initialement intervenir en juillet 2019.
• 2018-2020 : Contentieux judiciaire.
La décision avait été suspendue dans le cadre de plusieurs procédures fédérales, notamment Ramos v. Nielsen et Saget v. Trump, dans lesquelles des plaignants accusaient la Maison-Blanche de motivations discriminatoires. En 2019, une cour fédérale de New York avait estimé que les documents internes fournis par les plaignants « suscitaient des interrogations sérieuses quant au caractère politique et non technique de la décision ».
• 2020 : La Cour d’appel du neuvième circuit avait finalement donné raison au gouvernement Trump dans Ramos v. Wolf, levant la suspension. Toutefois, les délais procéduraux et l’alternance politique avaient empêché la mise en œuvre de la fin du TPS.
Ces dernières années, plusieurs décisions ont continué d’encadrer le TPS, notamment :
• des ordonnances de maintien visant à garantir que les bénéficiaires haïtiens ne soient pas expulsés avant la conclusion définitive des procédures fédérales en cours ;
• des jugements rejetant les arguments selon lesquels la réévaluation périodique du TPS par le DHS constituait une violation de la séparation des pouvoirs ou des droits constitutionnels des bénéficiaires.
L’administration Biden avait, de son côté, réétendu et redesigné le TPS pour Haïti en 2021 et 2022 en raison de la dégradation sécuritaire, avant que la nouvelle majorité républicaine élue en 2024 n’engage un processus de révision systématique des programmes humanitaires.
L’annonce du 26 novembre 2025 s’inscrit dans le durcissement des politiques migratoires impulsées par l’administration actuelle. Pour le DHS, le message est sans ambiguïté : « Les ressortissants haïtiens bénéficiant du TPS doivent organiser leur départ s’ils n’ont aucune autre base légale pour rester aux États-Unis ».
Aucune réaction du côté des organisations de défense des migrants n’avait encore été publiée en milieu d’après-midi.

